Bonjour, qui êtes-vous ?
Benoît Trégouet : Benoît, de Entreprise.

Qui a trouvé le nom du label et le regrettez-vous ?
C'est Michel, mon associé avec qui l'on a créé le label. Le nom est super mais on n'a que deux ans d’existence, c'est encore un peu tôt pour le regretter.

Il y a un chef chez vous ou vous êtes en autogestion, pourriture communiste ? 
Deux chefs en fait.

Les labels sont-ils, comme les albums et la guitare, des objets du passé ?
Non, ils vont rester, comme les producteurs de films, les éditeurs ou les galeries. Il faut des producteurs de musique ; on a juste du mal à le financer.


Pourquoi y a t-il aujourd'hui plus de labels que de groupes ?
Je n'avais pas remarqué, mais si c'est le cas, c'est peut-être une réponse à la question du dessus.

Sachant que l'idée de style musical est fasciste, quel style musical défendez-vous dans votre label ?
Aucun, si ce n'est qu'en ce moment, on ne travaille qu'avec des artistes chantant en français. C'est sûrement une réaction à la domination culturelle de Brooklyn de ces dernières années, c'est insupportable. Et puis il y a des groupes supers - à commencer par La Femme, qui a ouvert les yeux et les oreilles de tout le monde. 

Trois morceaux qui résumeraient la politique artistique du label ?
Moodoïd – Je suis la montagneDe la pure poésie, une inventivité rare, un artiste hors-normes.
Jerôme Echenoz – Le chrome et le coton (Lafayette Remix) Une superbe chanson intemporelle, une collaboration entre trois artistes qu'on adore.
Blind Digital Citizen – War : Une vraie aventure musicale, un groupe qui ne cesse de nous surprendre. Leur premier album est grand.

L'underground, ça veut encore dire quelque chose pour vous ?
Oui, bien sûr.

N'est-on pas un peu toujours l'indie de quelqu'un ?
Oui, c'est évident.

Ne mentez pas : votre rêve, c'est de devenir mainstream en vrai ?
Oui, c'est la mission qu'on s'est fixée.

Quel est votre modèle économique (LOL) ?
Que nos artistes soient adulés dans 15 ans, que le Quentin Tarantino du moment synchronise nos morceaux et fasse de nous des retraités riches. 

Non, sérieusement, comment gagnez-vous de l'argent ?
Pas en vendant de la musique, on a d'autres activités à côté qui nous permettent de perdre de l'argent sur le label.

On est d'accord, la musique aujourd'hui, c'est gratuit ; pourquoi voulez-vous encore la vendre ?
Des gens achètent quand même, pour l'objet, pour soutenir les artistes ou les labels.

Quelle est l'importance du live pour vous aujourd'hui ?
On travaille main dans la main avec les tourneurs et les organisateurs de concert, mais ce n'est pas un business pour nous. 

Vos activités dépassent-elles la seule musique (merci de ne pas prononcer «transmédia» ou «collectif») ?
Oui : on a des studios d'enregistrement, on produit des bandes-son pour nos clients dans la publicité ou le cinéma.

Un avis sur Hadopi (répondre par non ou par non) ?
Non.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes artistes qui voudraient vous envoyer leurs démos, à part «plus personne n'envoie de démos» ?
Qu'ils les envoient ! Pas de soucis, on écoute. 

++ Le site officiel, la page Facebook et le compte Soundcloud d'Entreprise.