Kanye West

Parfois, les vedettes s’engagent avec ferveur en politique, comme Clint Eastwood par exemple. Lors de la campagne électorale de 2012, on se souvient par exemple de son dialogue imaginaire et peu compréhensible avec le président Barack Obama symbolisé par une chaise vide.

 

 

Parfois, certaines célébrités parviennent même à se faire élire à des postes importants. Ainsi, Arnold Schwarzenegger est devenu en 2003 gouverneur de Californie, en battant notamment un nain, l’actrice porno Mary Carey, Larry Flint et même l’autre Arnold célèbre (celui de la série Arnold et Willy). Schwarzenegger avait notamment convaincu ses électeurs en promettant de faire le ménage à Washington avec un vrai balai pendant ses discours.

Toutefois, Schwarzie ne pouvait pas vraiment rêver de devenir président, n’étant pas né sur le sol américain mais sur les vertes collines d’Autriche (voir l’article II de la constitution américaine, relu en détail avant d’écrire cet article). Ce n’est pas le cas de Kanye West, qui n’a pas hésité à se déclarer candidat à la fin d’un long discours alambiqué lors de la cérémonie des derniers MTV Video Music Awards, un discours au cours duquel pas mal de sujets divers ont été abordés. Notons que la star s’est déclarée partante pour l’élection de 2020. Soit Kanye s’y prend hyper en avance, soit il s’est trompé sur la date. Mais après tout, la candidature de Kanye est-elle moins absurde que celle de Donald Trump ? 

Kanye a déjà le West, il ne lui manque que le Wing. Que se passerait-il si le rappeur devenait président ? On peut attendre d’un rappeur qu’il réenchante la politique. Il pourrait commencer par légaliser le cannabis, qui est apparemment son premier conseiller politique et la plume qui se cache derrière son discours aux VMA. Par ailleurs, en cas de victoire, il a déjà promis une distribution générale de Yeezys, la chaussure qu’il a conçue lui-même. Peut-être que tout le monde ne pourra pas encore manger à sa faim dans l’Amérique de 2020, mais au moins, chacun sera bien chaussé.

 

 

 

En outre, Kim Kardashian deviendrait première dame et pourrait rejoindre le cabinet en tant que secrétaire de la communication et de la mode. A ce poste, elle pourrait mettre en place une fashion police, chassant les contrevenants dans la vie réelle et sur les réseaux sociaux. Jay-Z, Beyoncé pourraient également rejoindre le cabinet - et peut-être même Caitlyn Jenner, en secrétaire de l’éducation (pour faire plaisir à nos amis créationnistes). Quelques célébrités d’Instagram viendraient peut-être grossir les rangs du gouvernement (Dan Bilzerian, secrétaire du droit des femmes ?). Quelles que soient les mesures mises en place, si Kanye West aime autant le peuple américain qu’il s’estime lui-même, les Etats-Unis n’auront sûrement pas à s’en faire (et le commerce extérieur non plus, vu le prix auquel le rappeur vend ses T-shirts).

 

Interlude musical démontrant que Kanye avait cette idée d’être aux manettes depuis longtemps.

 

Donald Trump

Tous les internets américains en parlent depuis qu’il a annoncé sa candidature ; nous allons donc essayer de ne pas trop en rajouter, car pour ce monsieur et ses faux cheveux, il n’y a jamais vraiment de mauvaise publicité. Sexiste, populiste, simpliste, raciste : c’est comme si un Kenny Powers échappé de la série culte Eastbound and down devenait millionaire et décidait de devenir président des Etats-Unis, de virer les immigrés du pays et de construire des murs tout autour (mais alors que faire en cas d’attaque extraterrestre ?).

 

 

Donald Trump, c’est un peu le virus qui vient contaminer ces élections très sérieuses, le parasite médiatique dont on n’arrive pas à se débarrasser et qui se propage avec une facilité déconcertante.

 

 

Le milliardaire est depuis longtemps une icône semi-ironique de la pop-culture, comme le prouve ce supercut. Entre autres choses plus ou moins glorieuses, il s'est rendu célèbre par le biais de son propre show, The Celebrity Apprentice, où il aimait déjà tenir des propos pas très sympas sur les immigrés venus d’Amérique Latine, tel que : «[Le Mexique] n'envoie pas ses meilleurs citoyens aux États-Unis. Il envoie ceux qui posent problème. Ils apportent avec eux la drogue, ils apportent le crime. Ce sont des violeurs, même si certains d'entre eux sont des gens bien» (on notera le sens de la mesure à la fin de la citation).

Les Etats-Unis ont déjà eu un président acteur, pourquoi pas un candidat de télé-réalité ? Ne serait-ce pas finalement le président que l’Amérique mérite aujourd’hui ? En tout cas, il a déjà rallié sous sa bannière Sarah Palin, mais aussi Hulk Hogan, qui se verrait bien faire partie du gouvernement si Donald Trump était élu.  

 

Finalement, ce trumplion (Trump + trublion) rend les élections intéressantes - il se passe enfin quelque chose bon Dieu ! Si on avait eu seulement une simple lutte Jeb Bush versus Hillary Clinton par exemple, vous imaginez ? Boring… Bush-Clinton, on l’avait déjà il y a 20 ans, merci bien. Avec Donald Trump, au moins ça swingue.

 

 

Si vous faites partie des inquiets observant avec effroi l’ascension médiatique de l’homme d’affaires qui récolte en ce moment les points de sondages comme autrefois les dollars, rassurez-vous : des voix s’élèvent contre aux Etats-Unis, tel le chanteur Ricky Martin qui s’est élevé contre les propos racistes du candidat à l’égard des Latinos

 

Toute ressemblance avec des personnages et/ou l’intrigue d’un film de Mike Judge est purement fortuite.

 

Limberbutt McCubbins

Petit rappel pour nos mémoires saturées de bruit informationnel : en juillet dernier, un chat du Kentucky s’est porté candidat à la primaire démocrate (ou plutôt democat, selon son équipe de campagne). Les candidats non-humains sont fréquents dans de nombreuses élections politiques tout autour du monde.

Toutefois aucun citoyen sérieux ne voterait pour un chat, mais les gens ont-ils vraiment envie de voter pour les candidats humains ? Limberbutt McCubbins pourrait gagner par défaut, un peu comme François Hollande en France en 2012. En plus, avec de bonnes vidéos virales, il pourrait remporter un franc succès parmi les électeurs issus de la génération Y.

 

 

Bon, arrêtez de rêver, ce n’est pas le chat qui s’est inscrit tout seul, c’est sa maîtresse qui l’a fait. Au delà de la blague, est-on sûr qu’il y aurait une réelle différence si un chat venait s’asseoir dans le siège réchauffé pendant deux longs mandats par le président Obama ? En Belgique, ils s’en sont bien sortis sans gouvernement, et à une époque où le pouvoir n’appartient plus vraiment aux politiques (mais aux multinationales, services secrets, francs-maçons et autres communautés de votre choix), on pourrait très bien s’en remettre à un chat, à la façon des Grecs de l’Antiquité qui ne s’en sortaient pas trop mal politiquement en consultant l’Oracle de Delphes. Qu’est-ce qu’on risquerait si un chat devenait président ? C’est pas lui qui déciderait d’envahir l’Irak. Au pire, on aurait des chats chantant l’hymne national au lieu de Beyoncé lors de son investiture.

 

 

Deez Nuts

Deez Nuts (VF : «Mes couilles»), c’est un adolescent de 15 ans habitant dans l’Iowa qui, apprenant que le chat susmentionné s’était porté candidat à l’élection présidentielle américaine, s’est dit «pourquoi pas moi ?». Il est parvenu à se faire enregistrer comme candidat, et surtout à récolter 9% d’intentions de vote dans un sondage effectué en Caroline du Nord.

On l’a échappé belle - ç'aurait pu être Justin Bieber ou Harry Styles (qui s’est récemment attaqué aux parcs d’attraction SeaWorld, on risque de le voir se porter candidat en 2024).

 

 

Le fait qu’un adolescent récolte autant d’intentions de vote et attire autant l’attention des médias ne serait-il pas un signe révélateur ? Un symptôme du manque d’intérêt que de nombreux électeurs portent aux candidats classiques et à leurs programmes sans ambitions, tout simplement. Dans ces conditions, pourquoi ne pas rêver d’un gouvernement d’adolescents qui viendrait apporter des idées fraîches et réinventer le monde ? 

On se souvient, lors de la première élection de Barack Obama, du poster dessiné par Obey et portant le mot hope. Aujourd’hui, Obey est menacé de prison et le poster est détourné avec le portrait du chat Limberbutt ou de l’adolescent candidat, comportant l’inscription absurde Deez Nuts. Et si tout cela n’était pas qu’une blague ?

 

 

 

Damien Megherbi.