Il vient d’où ?

Pour être tout à fait franc, Pharaon de Winter n’est pas le projet d’un jeune premier. En l’occurrence, Maxime Chamoux est déjà un vieux briscard des circuits underground français, passé depuis une décennie par des formations telles que Toy Fight ou (Please) Don’t Blame Mexico, dont Pharaon de Winter est l’excroissance. 

 

Qui est-il ?

France Musique, Label Pop, émission du 29 juin 2015 : "le groupe a changé de nom après l'enregistrement de l'album, tellement il s'écartait de ce qu'on a fait par le passé, qui était une sorte de pop très indie et très influencée par des choses nord-américaines. Il s'orientait vers quelque chose d'autre, porté par des influences plus françaises, voire plus européennes, italiennes, etc. Le nom (Please) Don't Blame Mexico m'a donc paru hors de propos." D’obédience anglo-saxonne, Maxime Chamoux, ancien journaliste pour Newcomer et Voxpop, a donc choisi d’emprunter des sentiers inédits et d'aller explorer la pop dans la langue de William Sheller sous un pseudonyme emprunté à un peintre français du XIXème siècle.

 

 

Où en est-il ?

Une signature sur Vietnam, label du magazine So Foot, un premier EP publié en juin dernier, un single (Les Yeux) présent sur le volume 3 des compilations La Souterraine, un autre, Pointillisme, à faire passer Souchon pour un artiste dépourvu de mélodicité et quelques articles prometteurs dans la presse spécialisée : c'est une certitude, Pharaon de Winter en impose en 2015. Et les nombreux morceaux postés sur son compte Soundcloud, dont une reprise de Le Beau Bizarre de Christophe, ne font que confirmer cette impression. 

 

Ça ressemble à quoi ?

Alors que le travail de Maxime Chamoux a longtemps été comparé aux productions nord-américaines, telles que Neutral Milk Hotel ou Robert Wyatt, l’écoute de Pointillisme révèle bien d’autres influences. Sans craindre le classicisme, le compositeur cite même Véronique Sanson et William Sheller, dont il reprend l’éternel Oh ! J’Cours Tout Seul. Mais parce qu’on ne chasse pas ses héros en un claquement de doigts, les fantômes restent malgré tout bien présents : Spoon, par exemple, hante l’album aussi bien dans la façon de mettre en son ces mélodies amples et ces structures à tiroirs que dans la manière d’agencer des arrangements ambitieux. Ce qui reste une bonne nouvelle, tant cet héritage est ici savamment assimilé et digéré.

 

 

À quoi ça ne ressemble pas ?

Pas besoin d’avoir entendu toutes ses productions pour comprendre que Pharaon de Winter n’a que très peu de points communs avec les nouvelles figures tutélaires de la pop française qui, de Dodi El Sherbini à Flavien Berger, ne cessent d’emprunter des chemins uniques. Ici, on retrouve certes des influences soft-rock, quelques élucubrations 80’s ou des similitudes avec certains travaux d’Aquaserge, mais les chansons poursuivent une quête éminemment personnelle, nourrie à la variétoche des seventies et tendue vers une singularité maximale.

 

Que faut-il faire de lui ?

Prévue pour le 16 octobre, la sortie du premier album éponyme est une excellente nouvelle. Outre les complices de toujours (Thomas Pirot à la batterie et Raphaël Ankierman à la basse), l’on pourra également y entendre le chant délicat de Mina Tindle et le savoir mélodique du Canadien Sandro Perri (Impossible Spaces) à la production. Et ça, c’est une autre excellente nouvelle !

 

++ La page Facebook et les comptes Soundcloud et Twitter de Pharaon de Winter .

 

 

Maxime Delcourt.