Bonjour, qui êtes-vous ?
Fany Corral & Stéphanie Fichard : Chloé + Fany Corral + Stéphanie Fichard + Ivan Smagghe = Léonie Pernet + Nova Materia + C.A.R + Il est Vilaine + Clara 3000 + It's A Fine Line + Yula Kasp +  Aswefall + Jason Edwards + Remote + Battant  + George Issakidis + ........

Qui a trouvé le nom du label et le regrettez-vous ?
Oh là, c'est une longue histoire qui date de 2001. Un nom trouvé certainement à 10 h du matin en after, mais par qui ? On ne sait même plus. En after on a souvent des idées idiotes, n'est-ce pas ? 

Il y a un chef chez vous ou vous êtes en autogestion, pourritures communistes ? 
Faudrait demander au patron ou à la patronne qui est le chef.

Les labels sont-ils, comme les albums et la guitare, des objets du passé ?
Pas du tout. Aujourd'hui, si tu t'es tout seul dans ton coin avec une connexion internet, tu peux faire un coup, un peu de buzz, quelques vues, des likes, des plays... Mais pour te développer à long terme, te professionnaliser, trouver un crew qui te pousse et te motive, avoir une oreille rassurante, une (petite) manne financière dans laquelle piocher, c'est pas KISS KISS BANK BANK qui va t'aider (ni ton banquier). Le label, c'est ta famille, tes premières oreilles, ton entourage artistique immédiat, ton meilleur ami, ta mère maquerelle, ton père acariâtre...

Pourquoi y a t-il aujourd'hui plus de labels que de groupes ?
Parce que les groupes sont de moins en moins rock'n'roll et de plus en plus cadres supérieurs ? 

Sachant que l'idée de styles musicaux est fasciste, quel style musical défendez-vous dans votre label ?
Pop truc, folk machin, éléctro bidule, tout ça, ce sont des considérations de journalistes ou de commentateurs. Le seul truc important, c'est ce que tu ressens en écoutant un morceau. Les artistes du label sont ceux qui nous touchent et qui ont quelque chose à dire, peu importe le style. C'est pas plus compliqué que ça.  

Si vous étiez sur MySpace, quel serait l'univers de votre label ? 
https://myspace.com/killthedjrecord

Trois morceaux qui  résumeraient la politique artistique du label ?
Pop Group - We Are All Prostitute
Scott Walker - The Old Man is Back Again
Françoise d'Eaubonne - Le chant du FHAR

Hipster, normcore ou les deux ?
Gender fucker.

L'underground, ça veut encore dire quelque chose pour vous ?
C'est le monde parallèle dans lequel tu peux exister si tu n'es pas conforme à la norme. 

N'est-on pas un peu toujours l'indie de quelqu'un ?
Oui, au même titre qu'on est toujours le dominant d'un autre. 

Ne mentez pas : votre rêve, c'est de devenir mainstream en vrai ?
Ça te fait rêver, toi, de devenir une grande surface ? On est plus "épicerie du coin", en fait.

Quel est votre modèle économique (LOL) ?
On essaie de vendre tout ce qui ne se télécharge pas.

Non, sérieusement, comment gagnez-vous de l'argent ?
On est des couteaux suisses, on fait plein de trucs. On produit des disques / on organise des soirées ou des concerts / on est bookers - tourneurs / on fait des T-shirts ou des bijoux / on est éditeurs... tout ça mis bout-à-bout permet de maintenir le bateau à flot.

On est d'accord, la musique aujourd'hui c'est gratuit ; pourquoi voulez-vous encore la vendre ?
C'est bien connu, les artistes vivent d'amour et d'eau fraîche.  


Quelle est l'importance du live pour vous aujourd'hui ?
Dans les années 60, on faisait du live pour vendre des disques. Aujourd'hui, on fait des disques pour vendre des lives. Le live est devenu l'une des principale sources de revenu pour les artistes, le meilleur moyen de se faire connaître, d'entretenir un vrai rapport avec son public, et de développer sa carrière.

Vos activités dépassent-elles la seule musique (merci de ne pas prononcer «transmédia» ou «collectif») ?
On préfère trans tout court.

Un avis sur Hadopi (répondre par non ou par non) ?
Oui.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes artistes qui voudraient vous envoyer leurs démos, à part «plus personne n'envoie de démos» ?
Nous ne produisons pas de rock alternatif en langue occitane ni de dance chantée par une marmotte. Merci.

++ Kill The DJ sera présent au Marché des Labels Indépendants qui se tiendra le Samedi 7 Octobre 2017 (le jour de Nuit Blanche), à l’Espace des Blancs Manteaux de 11h à minuit.
++ Le site officiel et la page Facebook de Kill The DJ.