Rappel des faits : une petite personne particulièrement odieuse 

L'énumération des méfaits reprochés à Justin Bieber est presque aussi longue que la liste des victimes de Bill Cosby. Et là aussi, c'est moche. S’il n’a que 21 ans, il est dans l’oeil du cyclone depuis ses sweet sixteen avec la sortie de son premier album, My World 2.0, en 2010. Sur ce disque, on trouve l’infâme chanson Baby qui a été jouée plus d’un milliard de fois sur YouTube, car le monde est stone. Normal donc que Justin chope une melonite aiguë (maladie liée à une prise de melon) et une belle meuf au passage, ici Selena Gomez. 

 

 

Mais la pression liée au monde du showbiz le pousse rapidement vers une sortie de route, au sens propre comme au figuré. Dès 2013, il enchaîne les ennuis judiciaires et la très mauvaise presse. Mais si nous devions nous faire l’avocat du diable, nous dirions qu’une séparation avec Selena Gomez doit être un événement pour le moins bouleversant. En 2013, son garde du corps est accusé d’avoir tabassé un photographe et de l’avoir menacé avec une arme à feu à bout portant. Bieber et son garde du corps passent donc par la case procès, avec au préalable une déposition légendaire du jeune chanteur qui reste sans doute sa meilleure performance à ce jour. Il s’agit d’un véritable concentré de condescendance, de mépris, d’arrogance et de connerie adolescente nourrie aux hormones et aux millions de dollars. Une rapide visualisation de la vidéo ci-dessous vous donnera l’envie de réaliser un remake de Saw sur la personne du Biebs. 

 

 

Par ailleurs, Justin a également été accusé de cracher sur ses fans, de jeter des œufs sur la maison de ses voisins en Californie, d’uriner dans un seau en plein milieu d’un restaurant à New-York tout en criant «fuck Bill Clinton» et a également été impliqué dans de sombres histoires de prostitution en Amérique du Sud, de nombreux accidents de voiture et a enfin été arrêté pour possession de stupéfiants. Enfin, n’oublions jamais qu’en 2013 toujours, lors d’une visite de la maison d’Anne Frank à Amsterdam, la mini idole des jeunes a déclaré qu’il aurait souhaité que l’adolescente au triste destin et au journal intime le plus connu au monde soit une «belieber». Classe. 

 

 

Le changement de cap

Après sa période «roue libre» de 2013-2014, Justin Bieber a pu revenir dans le droit chemin grâce à son cercle proche. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, le chanteur semble en effet être bien entouré. Sa mère, Pattie Mallette, a l’air relativement saine pour une mère de popstar juvénile, et surtout, son manager Scooter Braun est le même depuis ses tout débuts sur YouTube avant qu’il ne soit pourvu de poils pubiens. Ensemble, ils se sont attelés à un nouveau plan de com’ basé sur la discrétion, l’humilité et le dur labeur. 

Après avoir fait la une de tous les tabloïds les plus sordides, Justin l’a joué low profile et n’est revenu sous le feu des projecteurs qu’en mars 2015, et ce de la plus belle des manières. Il a accepté de se prêter au jeu du roast sur la chaîne Comedy Central, un programme dont le principe est simple : mettre une célébrité «sur le grill». En d’autres termes, la mitrailler de vannes. Et dans ce cas précis, on a pu voir Snoop Dogg et Shaquille O’Neal se prêter à l’exercice. 

 

 

Affable et joueur, Justin, simplement vêtu d’un costume bleu roi pour partir à la reconquête de son trône, a pris les choses avec le sourire. Et s’est racheté un capital sympathie par la même occasion. De cette manière, il a ainsi préparé le terrain pour son vrai retour : le retour musical.

 

Le retour en grâce

Début 2015, le jeune homme a surpris son petit monde en annonçant en toute humilité une collaboration avec Jack Ü (Skrillex + Diplo) qui semblait aussi inattendue qu’improbable. Et le résultat qui se fait entendre sur la chanson Where Are Ü Now est plus que plaisant. Il ne s’agit point d’EDM vénère, mais davantage d’une complainte électro-pop hyper bien produite. On parie même que si le nom de Justin Bieber n'était pas associé au morceau, beaucoup plus de personnes avoueraient aimer cette chanson. 

Pour mieux enfoncer le clou, Bieber a balancé cet été son nouveau single, What do you mean ?, au pouvoir addictif bien plus puissant que le fromage et la drogue réunis. Fin stratège, il l’a présenté officiellement aux MTV Video Music Awards fin août lors d’une prestation chargée en émotion (il a pleuré, le petit chat). Il faut dire que la dernière fois que Bieber était aux MTV Awards, il s’était fait huer par le public - et ça, ça vous marque un homme autant qu’un entertainer.

 

 

Résultat des courses : What do you mean ? est devenue sa première chanson classée numéro un dans le top Billboard, ce qui paraît aussi logique que mérité. 

Avec Sorry, son tout dernier single aux accents dancehall et pop, il affirme une fois de plus son envie de signifier qu’il est un nouvel homme. Et il nous gratifie par la même occasion d’un nouveau morceau de qualité qui laisse présager le meilleur pour la suite.

 

 

Le quatrième album de Justin Bieber, Purpose, sort le 13 novembre, et on le dit très franchement : on a hâte. 

 

Seule fausse note dans cette résurrection : cette nouvelle coupe de cheveux qui reste un mystère. 

 

 

 

Sarah Dahan.