Bonjour, comment ça va ?
Nigel Adams : Très bien merci, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Qui a choisi le nom du label et le regrettez-vous ?
Le nom du label est venu une nuit d’un coup et j’en suis toujours très satisfait 12 ans après. Il résume exactement pourquoi on fait ça : on aime la musique et les groupes avec lesquels on travaille. Du coup, on n’a pas l’impression de bosser.
DralmsDralms

Si vous étiez sur MySpace, quel serait "l’univers" de votre label ?
On serait sûrement aux côtés de Rough Trade, Creation Records et Elektra Records (avant 1972).

Trois morceaux résumant la politique artistique du label ?

Sachant qu'elle reste la première source d’informations des internautes, pouvez-vous nous indiquer s’il y a des erreurs glissées dans votre biographie Wikipédia ?
Elle nécessite effectivement d’être mise à jour : elle devrait annoncer les signatures de Dralms, Aidan Knight, Farao et Throws. Autrement, je la trouve plutôt correcte.

Depuis quand vous dites-vous que ce serait une bonne idée, rentable et mature, de monter un label de musique indé et de gagner votre vie avec cette activité ?
À 23 ans, après avoir terminé une licence en psychologie et après avoir passé un moment à voyager en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, j’ai réalisé que ce qui me rendrait le plus heureux serait de monter mon propre label. Il m’a fallu un moment pour y parvenir - j’ai d’abord travaillé quelques années pour d’autres labels comme Infectious Records et World Domination - mais je ne le regrette vraiment pas.

Au cours de ces dernières années, combien de fois vous a-t-on demandé  quand vous alliez faire un vrai métier ?
Vu que ça fait déjà 12 ans que le label fonctionne, les gens ont commencé à réaliser que ça allait encore durer un moment…
FaraoFarao 

Et pourquoi vous obstinez-vous à vous le faire, d’ailleurs ?
L’amour de la musique. Faire ce qui me rend heureux plutôt que ce qui me rendrait riche.

Vos locaux, c’est dans votre 20 mètres carrés avec chiottes sur le palier ou c’est dans de vrais bureaux avec une salle de réunion, une machine à café et des places de parking pour les employés ?
Nous avons un vrai bureau, avec une salle de réunion, une cuisine etc. On le partage avec une boîte de production de films mais c’est OK, on est au chaud et au sec.

Combien de salariés pour combien de stagiaires ?
4 salariés à plein temps, 2 à mi-temps et 1 stagiaire.

Qu’est-ce qui se vend le moins bien chez vous, les lives ou les disques ?
Tout dépend du groupe.
Quel est le moyen le moins honteux pour gagner de la thune : les synchros pour des grosses marques de bagnoles ou les DJ-sets pour des très grandes marques de cosmétiques ?
Les synchros pour les bagnoles. Je trouve qu’il est vraiment pénible de supporter les engins polluants en 2016. J’ai moi-même une voiture mais je crois que si on doit parler de ça, on est sur une pente glissante.

Mais sinon, en vrai, vous gagnez un peu d’argent quand même ?
Oui, c’est difficile, mais ça va, on y arrive.

Préfériez-vous rester indé et sortir des disques que personne n’écoutera jamais ou vous faire traiter de collabo en vous faisant racheter par une major afin que le monde entier ait accès à vos disques ?
Je préfère rester indie et vendre beaucoup de disques. C’est possible.

Un de vos artistes que l’on a peu de chances de connaître en France ?
Throws.

Et celui grâce à qui vous bouffez à la fin du mois ?
Timber Timbre.

Votre équivalent label français, ce serait qui ?
Kitsuné ? Record Makers ? Entreprise ?

Profitez de l’aubaine, cette interview va être très diffusée : y a-t-il un artiste français à qui vous proposeriez bien de faire un remix cool de l’un de vos artistes ?
Moodoïd ! Ils feraient un super boulot sur notre nouveau groupe Throws !

Deuxième aubaine : dites-moi quelque chose sur le label que vous n’avez jamais dit dans aucune autre interview.
J’aurais aimé signer TV On The Radio. J’ai adoré leur tout premier EP et on était en discussion avec Touch & Go pour voir ce que l’on pourrait faire ensemble... Mais la vie est trop courte, pas le temps d’avoir de regrets.

Le futur de la musique, c’est le streaming ou le vinyle ?
J’aime le streaming en tant qu’utilisateur, ça rend les mixtapes plus facile à faire. Ça m’aurait fait gagner beaucoup de temps si on avait eu ça dans les années 80 et 90. Je pense cependant qu’on aura les deux pendant un bon moment. Les gens ont toujours envie d’avoir des objets physiques. Et pour le streaming, on a juste besoin que les plateformes payent un peu plus pour que ça fonctionne.


Le jour où le label disparaîtra, ce sera la faute de qui / de quoi ?
Je ne pense pas que le label en tant que tel disparaîtra un jour. Il s’adaptera et changera sûrement mais on aura toujours besoin d’intermédiaires professionnels (attachés de presse, D.A., directeurs marketing…), surtout lorsqu’il y a comme aujourd’hui autant de choix dans la musique qui est proposée aux gens. On a besoin de personnes pour faire le tri.

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