25 % d'Austin, Texas
Linklater est Texan et fier de l'être. Mais attention, Texan d'Austin, la capitale alternative du Sud des États-Unis. Et quand tu vis dans une oasis de contre-culture au milieu d'un désert intellectuel, forcément, ça te rend un peu schizophrène. Linklater aime le cinéma indépendant autant que les blockbusters. D'où les aller-retour constants dans sa filmo. Mais c'est à Austin qu'il a tourné le plus souvent et ne cesse de revenir. Depuis Slacker, son premier film, jusqu'à Boyhood et aujourd'hui Everybody Wants Some, Il s'est imposé comme le chroniqueur du Sud des États-Unis, entraînant dans son sillon quelques célèbres disciples comme David Gordon Green ou Jeff Nichols.

15 % d'ados attardés
Linklater n'a pas arrêté de filmer des post-adolescents et en a même fait sur certains films sa marque de fabrique. En 96, il réalisait SubUrbia sur une bande de jeunes branleurs qui squattaient la devanture de l'épicerie du coin, en plein dans l'air du temps, avec Sonic Youth et Beck en bande-son. Les personnages de son dernier film sont à l'université mais semblent avoir la plupart 10 ans d'âge mental. A ce titre, Boyhood, qui suit un garçon de ses 6 à 18 ans, peut se voir comme un prequel de ses comédies de campus.

15 % de fun
Dans la série de films qu'il a faits pour les studios, Linklater a réalisé un chef d'oeuvre du film pour enfants : School of Rock (Rock Academy en VF) avec un Jack Black survolté. C'est ce qu'on appelle le sens inné de la comédie.

10 % de buddy movie
Everybody Wants Some célèbre l'amitié virile. De SubUrbia à School of Rock, Linklater a toujours aimé filmer des bandes de potes. Avec son ironie habituelle, il prend même un malin plaisir ici à donner à ces joueurs d'un équipe de baseball des looks d'acteurs de porno gay vintage.

10 % de romance
On connaît de lui souvent sa trilogie avec Julie Delpy et Ethan Hawke : Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight. Ici c'est Before la rentrée des classes. Rebelote - le héros va passer une nuit inoubliable et chaste avec une fille qu'il vient de rencontrer. Mais mine de rien, comme Linklater n'essaie pas de faire genre dans Everybody Wants Some, c'est celui-là son vrai film intimiste et personnel.
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10 % de musique
La bande-son a toujours eu une importance dans les films du Texan. Ici on est en 1980 et il n'oublie pas de planter le décor. Blondie, Van Halen, Jermaine Jackson, Patti Smith et même Sugarhill Gang habillent le film en mode playlist idéale pour changement de décennie.

5 % de substances illicites
On fume pas mal chez Linklater, en mode j'ai rien d'autre à foutre dans ma vie que de trouver le plus gros bang possible. Comme dans Slacker et Dazed and Confused, on est constamment dans un nuage de fumée de beuh. Ce qui place les films dans la catégorie des stoner movies, ces comédies où l'on consomme du shit pour dire que c'est pas grave et que ça donne juste envie de rire bêtement. Comme dirait mamie, Linklater a un peu trop tendance à fumer la moquette : pour preuve A Scanner Darkly, son adaptation de Philip K. Dick, est même carrément un film sous acide.

5 % de critique des États-Unis
Linklater aime bien distiller une certaine ironie dans sa peinture de la société américaine. Il est parfois même pris dans un élan d'activisme politique, comme avec Fast Food Nation en 2006, l'adaptation du best-seller de Eric Schlosser sur la malbouffe aux Etats-Unis.

5 % de baseball
C'est la deuxième fois que Linklater fait un film autour d'une équipe de baseball après Bad News Bears. Le héros de Everybody Wants Some rejoint avant la rentrée l'équipe universitaire de baseball avec laquelle il va vivre en colocation. On comprend pas toujours les blagues pour initiés mais on s'en fout pas mal car on n'a pas eu besoin d'être passé par un campus américain pour apprécier Everybody Wants Some.

++ Everybody Wants Some sera en salle mercredi. Vous pouvez participer à notre bon plan et tenter de gagner des places pour aller le voir ici.