Elle vient d’où ?
Depuis quelques années, le monde entier remercie Atlanta pour avoir façonné les codes esthétiques de la trap. Depuis quelques années, le monde entier envoie surtout valser la ville de Future et de Young Thug pour proposer sa propre vision de ce rap musclé et egotrippé. Ça se prouve aujourd’hui en France, en Belgique, en Asie, mais aussi en Andalousie, d’où la jeune Tania est originaire.


Qui est-elle ?
À seulement 16 ans, celle qui se fait surnommer Chanel - pratique pour la retrouver sur le web… - dit avoir grandi en écoutant du flamenco et du raï dans un environnement familial peu ouvert aux propositions culturelles. Elle dit aussi avoir été chamboulée en 2013 par le Body Party de Ciara, et plus précisément par son remix, avec B.O.B. et Future. Depuis, en bon enfant de la génération numérique et des clips YouTube, l’Espagnole a eu une révélation : elle aussi à des textes à cracher, une chance à tenter et une vision de la trap à proposer. Même si les paroles, il faut bien l’avouer, reprennent essentiellement les mêmes thèmes qu’aux États-Unis : ça parle de la rue, de sa propre personne et beaucoup d’argent. «Nous voulons tous de l’argent, vous, moi et tous ceux qui vivent sur cette planète», se justifiait-elle à Vice España. «Pour moi, l’argent signifie le temps, la liberté, la tranquillité, et il est évident que nous évoluons avec cette obsession.

 
Où en est-elle ?
Rien ne semble avoir changé pour elle depuis notre découverte en mai dernier
, mais un bref coup d’œil à sa chaîne YouTube suffit pour appréhender sa boulimie créative : Chanel enquille les titres avec une facilité déconcertante depuis ses premiers morceaux aux côtés de Deadgroove Key Cid. Sur des productions de Trigger Tracks DEVDGRXXVE ou IKKI, elle y parle de la reine de la pop actuelle (Rihanna), du trône du rap game (La Corona Es Mia), de ses rêves de grandeur (Money Keep Coming) ou encore de ses origines algériennes (Manita De Fatima).


Ça ressemble à quoi ?
Beaucoup d'artistes se chargent d'abord d'attirer l'attention sur eux avant de développer leur propre son, mais il faut croire que Chanel, malgré son jeune âge, possède déjà une esthétique clairement définie, perfusée au rap d’Atlanta. À chaque titre, elle mélange ainsi la trap des années 2010 à une approche minimaliste et atmosphérique de la pop. C’est moins drogué, testotéroné et forcément moins authentique que Future ou Young Thug, mais Chanel semble elle aussi capable de déclencher à terme d’irrationnelles addictions.


À quoi ça ne ressemble pas ?
La langue espagnole. C’est là que se situe le tour de force de Chanel. Sur le papier, rien ne la distingue d’un(e) adepte de la trap : des textes qui parlent de billets verts, des refrains qui abusent de l’auto-tune et des clips où elle semble prête à en découdre avec la Terre entière. Ce qui la singularise, c’est donc l’affirmation de ses origines, cette couleur latine parfaitement affichée dans chacun de ses morceaux, entre agressivité et sensualité.

Que faut-il faire d’elle ?
Attendre qu’elle grandisse, diront les mauvaises langues. Nous, on préfère se fier au nombre de titres de qualité qu’elle publie à intervalles réguliers depuis presque un an et se réjouir d’avoir enfin découvert cette belle Andalouse, qui n’a rien à voir avec celle d’un des pires chanteurs de la France du XXI
ème siècle.


++ La page Facebook et les comptes Soundcloud, Twitter et YouTube de Chanel.