Elles viennent d’où ?
Si Max Martin, Denniz PoP et d’autres ont mis la Scandinavie sur la mappemonde musicale en produisant les hits de Britney Spears, Katy Perry et tant d’autres popstars, c’est bien grâce à leur scène indie que l’on se tourne régulièrement vers la Suède, la Norvège ou le Danemark. Et on a bien fait : c’est comme ça qu’on a fini par tomber sur Smerz, duo de jeunes Norvégiennes basées à Copenhague.

Qui sont-elles ?
Henriette Motzfeldt et Catharina Stoltenberg, alias Tirzah et Mikachu, font partie de cette nouvelle génération qui a inventé ses repères, ses règles, ses totems. Elles se sont rencontrées alors qu’elles n’avaient que 16 ans, ont fréquenté la même école, ont choisi de quitter Oslo pour aller étudier la musique à Copenhague et, surtout, ont rapidement affirmé leur style musical sur le web avant d’aller donner de la voix dans différents festivals, comme dernièrement au Pitchfork Avant-Garde.

Où en sont-elles ?
Les mois passent, l’excitation s’accentue et, pourtant, Smerz n’a toujours pas annoncé d’album. Mais les raisons d’espérer sont grandes, notamment grâce à la sortie mi-octobre du premier EP, Okey, sur le label danois Escho. C’est frais, c’est neuf c’est décomplexé, et c’est ce que la Norvège n’avait jamais produit jusqu’à présent en termes de R'n'B, aérien et sensuel. Psychologique, aussi, quand on sait que Because, l’un des morceaux imparables du duo, «parle du fait d’être négligent tout en voulant ne pas l’être ; du fait d’essayer de se disputer, que l’on soit heureux ou non», comme les deux artistes l’expliquaient à i-D en janvier 2016.

Ça ressemble à quoi ?
Sérieusement, il y a tout dans la musique de Smerz : du R'n'B, de la synth-pop, de l’électro-funk, de la house... bref, un résumé de ces trente dernières années musicales, passé par le filtre indie et suave du duo et remis à la sauce 2016. Pour cette science du mélange, des chants murmurés et des lignes de basses envoûtantes, on pense donc fortement à Jessy Lanza, dont le goût pour les productions à mi-chemin entre le minimalisme et le futurisme se retrouve à chaque écoute de Blessed

À quoi ça ne ressemble pas ?
Comme souvent lorsqu’un groupe pioche dans différents genres musicaux et pille leurs fondamentaux, on se rend vite compte que toute classification est impossible. Smerz, c’est exactement ça : à chaque morceau, on se dit qu’on peut ranger le duo dans une glorieuse tradition, mais, après quelques écoutes, on finit irrémédiablement par se dire que sa mélodie est profondément unique.


Que faut-il faire d’elles ?
(Ré)écouter en boucle l’EP Okey, regarder avec passion les différents lives disponibles sur le web (Move, par exemple) et comprendre qu’avec un tel potentiel tubesque et une telle exigence, Smerz ne restera pas longtemps un «jeune qui pousse».

++ La page Facebook et les comptes YouTube, Soundcloud et Instagram de Smerz.
++ Leur EP Okey est disponible ici.

Crédit photo : Sarah Riisager.