Chester possède en effet deux caractéristiques d'attraction principales: il ne prononce jamais un seul  mot inconvenant et dessine super bien les squelettes. A part ça et sa non-coiffure, rien, nada, le néant. Le corollaire de son succès inexplicable est qu'il a le choix entre l'amour passionné de Carrie, la petite soeur de sa meilleure amie, et Sky une amie d'enfance, une fille solidement bâtie à en faire baver ce gros dégeulasse de Robert Crumb et environ la moitié du lycée.

Et alors que les couloirs bruissent de la rumeur que Chester est différent, que c'est un mec bien, qu'il est sensible, que c'est un artiste et que "oh lalalala j'en suis folle", il choisit la paire de gros seins, ni plus, ni moins, il n'a rien à leur dire mais ils sont laiteux, ronds et pleins.

Je ne t'ai Jamais Aimé est bien entendu beaucoup plus fin que cette chronique vulgaire, Chester Brown parlant avec talent des premiers émois, de la frustration, d'incommunicabilité et du fait que "je t'aime" soit prononcé parfois trop tard ou bien trop tôt. Cependant, je persiste et signe, l'unique vérité de cet album reste qu'à la fin, le choix se porte évidemment sur les plus gros seins.
 
Je ne t'ai Jamais Aimé de Chester Brown (Delcourt).
 
Damien R.