Il vient d’où ?
Quelques temps après l’émergence de la scène belge, c’est au rap suisse de faire parler de lui en 2017 avec une nouvelle génération apte à traverser les frontières. Une génération qui, étrangement ou non, émerge de Genève, et au sein de laquelle on trouve des rookies aussi doués que Di-Meh.

Qui est-il ?
Mehdi Belkaid va seulement sur ses vingt-deux ans et c'est peut-être ce qui explique sa façon de jongler entre les influences (du Wu-Tang à Young Thug), les esthétiques (du boom-bap new-yorkais à la trap codéinée d'Atlanta) et les cultures (du hip-hop au skate). Lui-même ne s’en cache pas et ose ainsi se comparer à une sorte de croisement entre Dany Dan et Jimi Hendrix. Le style et la technique, donc, réunis dans le flow et les productions d’un seul rappeur, bien décidé à dynamiter les codes, à s'asseoir sur les convenances et à retourner le rap game en publiant un nouvel EP chaque année. À quelle date ?  Le 10 mai, forcément.


Où en est-il ?
Habitué du mic depuis qu'il a 14 ans, proche de la nouvelle vague du rap genevois, et notamment de la SuperWakClique (Makala, Pink Flamingo, Slim-K), dont il fait partie, Di-Meh semble avoir déjà accompli bien plus que ses prédécesseurs helvètes : Braccobrax ou Stress. En 2014, déjà, ce mec « chill dans une vibe lointaine » balançait un freestyle aux côtés de Nekfeu, avant de publier un an plus tard l’EP Reste Calme (ici en téléchargement gratuit)établissant ainsi des connexions évidentes avec divers MC’s français (Népal, Limsa ou encore le collectif 75ème Session). Surtout, Di-Meh n’a fait que confirmer les espoirs depuis, que ce soit sur l'EP Shine (ici également téléchargeable)publié l'année dernière, ou Focus Part 1, fraîchement paru.


Ça ressemble à quoi ?
Comme la majorité des artistes de sa génération, à tout un tas de choses, forcément. À l'écoute d'Ils s'branlent tous, on pense au flow autrefois prôné par Onyx, mais on songe aussi parfois à la coolitude des Sages Po' (Mec chill), à l'énergie du ragga jamaïcain (Shottagwan) ou aux productions saccadées et lunaires de la scène d’Atlanta (Rothschild ou Focus, dont les «brrr» sont déjà mythiques).


À quoi ça ne ressemble pas ?
Comme la majorité des artistes de sa génération, à tout ce que l’on croit connaître sur le bout des doigts : à l’écoute d'Ils s’branlent tous, Mec chill, Shottagwan, Focus et tout un tas d’autres titres, on entend surtout la patte d’un artiste qui a appris à tout reformuler, selon sa propre grammaire et ses propres règles. Une ultime preuve ? Le morceau Hit A Lick, qui revisite le Baby Girl d'Aqua, comme Jul avant lui, mais de façon nettement plus planante et subtile.


Que faut-il faire de lui ?
Ne pas faire le tri : plonger franchement au sein de ses divers EP’s et comprendre que ce jeune homme est bien parti pour marquer son époque. «Attention, ça risque de piquer un peu», prévient d’ailleurs une voix en introduction de Fu Gee La. Avant de conclure par cette sentence, en fin de morceau : «2015 jusqu'à l’infini, vous allez manger du style : niquez-vous bien !».

++ La page Facebook, les comptes Soundcloud, Instagram et Twitter de Di-Meh.
++ Son EP, Shine, est disponible.