ZNR  - Barricades 3 (1976)

Hector Zazou et Joseph Racaille (mais aussi André Jaume et Louise Alcazar) au sommet de la simplicité. Des synthés en cascades et des morceaux dépouillés mais si beaux. Vraiment autre chose, cet album est unique dans son  genre. Pianos doublés par une basse synthé presque fausse et voix répétitives : "me gustas las patatas, el chocolate, mi synthetisor la musica de vaca". Un pur chef d'œuvre. Ce n'est pas juste un autre disque de RIO (Rock in Opposition) alternatif français des seventies, c'est un objet qui se tient de bout en bout, une bouffée d'air frais dans le flot de merdes synthétiques ou fusion de cette époque. Des morceaux comme Le Grand Compositeur Vu de Dos, La Pointe de tes Seins est comme un Pétale de Pavot, La Vieio Mostro  Part. II  ou Naive Description de la Folie devraient avoir un écho certain in your brains.
 

Hellebore - Il y a des Jours (1984)


RIO spirit, la France est une alchimie parfaite entre instruments acoustiques et synthétiques. Tout l'album n'est pas si facile d'accès mais Introduction Végétarienne et Warme Wasser Mit Grass sont les plus accessibles. Profonds et contemplatifs, ces deux tracks sont très beaux et progressifs. C'est dans la lignée d'un Etron Fou Leloublan ou d'un Henry Cow. J'ai découvert ce LP via mon pote Julien de Digger's Digest, et je l'ai ensuite trouvé tristement sur Internet.
 

Jean-Claude Vannier - Interprète les Musiques de Georges Brassens (1974)

Je suis pas dingue de Brassens, même si c'est bien Brassens. Disons que je préfère Serge Gainsbourg ou Bashung, mais là en version instrumental arrangée génialement par Jean-Claude Vannier,  c'est hyper beau, et vraiment original. En plus ça me permet de caser d'autres références en passant.
Top 3 : Les Amoureux des Bancs Publics, Je me suis fait tout Petit et Supplique pour être Enterré à la Plage de Sète.
 

Sixto Rodriguez - Cold Fact (1971)

J'ai d'abord découvert le morceau Sugarman par le biais d'une compil de David Holmes, puis j'ai cherché l'album et j'ai juste découvert un album de folk parfait, produit par Mike Theodore et Dennis Coffey.  Les morceaux  sont vraiment classes et la production de l'album est sublime. Dans une lignée à la Bob Dylan mais en mieux musicalement je trouve. Une grosse claque.
Top 5 : Rich Folks Hoax, Sugarman, Crucify Your Mind, Inner City Blues et Hate Street Dialogue.
 

 

Can - Soundtracks (1970)

Fan de la plupart des albums de Can, je choisis toutefois celui-là. Le fameux Mother Sky reflète leur musique à merveille, mais il y a sur l'album deux autres perles, deux ballades pop qui sont juste parfaites et universelles: Tango Whiskyman et She Brings The Rain.
 

McDonald & Giles - McDonald & Giles (1970)

L'unique album de deux membres des King Crimson : Michael Giles and Ian McDonald. Les deux musiciens quittent le groupe pour promouvoir leur album fin 1969. Un côté Beatles, des grosses batteries en avant, des flûtes, de longs morceaux jamais chiants. Ça sent l'amour et la forêt anglaise. De la pop intègre super bien orchestrée.
 

Karl Heinz Schafer - Les Gants Blancs du Diable (1973 B.O.)


J'ai trouvé ce disque au Danemark, ça a été un choc quand j'ai écouté ce thème, La Victime, une sorte de musique ultime. Dans le genre Melody Nelson ou La Horse, la musique de ce film est, je pense, sûrement meilleure que le film lui même. Cette BO a été ré-édité depuis.
           
 
Gary Wilson - You Think You Really Know Me (1977)

Dérangeant, ce disque est juste un ovni. Musique new-wave, funky, cosmique et autres synthés p-funk. Un autre monde dans la musique, plus précisément la cave où il a été enregistré et l'esprit tortueux du mec de  24 ans qui l'enregistrait. Voix déjantés et pas sexy pour un sous, love affair de l'homme adolescent qui souffre. La croisière s'amuse version drame à bord. Cependant, interdiction de l’écouter trop souvent si on ne veut pas finir célibataire et fou.
(Extrait: I Wanna Lose Control)
 
 
The Mastersounds - Ballad & Blues (1959)

Les disques familiaux, ceux qu'on regarde enfant et qu'un jour on écoute en découvrant la bande-son parfaite de son enfance, une transposition de sa vie autour d'une musique. Ce disque était avec les autres Chico Hamilton et Yusef Lateef une sorte d'héritage musical paternel à travers son amour du jazz. Il y a sur l'album un morceau qui me rend dingue: Little Stevie.
 

Mary Lou Williams - Black Christ of the Andes (1963)


Spirituel, gospel et zazz, cet album est si pur, il se ballade de choeurs en piano jazz de haute envolée. C'est un disque que j'écoute en faisant autre chose. Le son de ce disque est chaud comme un croissant du matin. A écouter quand la boulangerie est fermée. God is in the house !
 

Intro: Etienne Piketty.