Elle vient d'où ?
Une fois n'est pas coutume, Iggy Azaelea nous vient de l'est de l'Australie.

 

Qui est-elle ?
Une rappeuse obsédée par le hip-hop depuis l'adolescence, après avoir entendu une chanson de 2Pac chez un pote.


Où en est-elle ?
L'an dernier, Iggy commence à poster ses freestyles sur YouTube, et très vite le buzz arrive. Un peu comme pour sa principale rivale, Azealia Banks ou encore, ahem, Justin Bieber. Sa popularité naissante l'amène à tourner un vrai clip pour Pu$$y, hymne au cunnilingus et étrange hybride entre Gwen Stefani (pour le visuel) et Khia (pour le morceau). La vidéo devient virale et une mixtape fait surface en fin d'année dernière.  Le magazine américain dédié à la culture urbaine XXL l'inclut alors dans son "Top 10 Freshmen list 2012" (une liste de talents émergents compilée chaque année par la rédaction) et puis, accomplissement ultime, Iggy signe chez Interscope et le King of ATL himself, T.I., la prend sous son aile. Il sera le producteur exécutif de son premier album, à paraître cet été.


Ça ressemble à quoi ?
Iggy se réapproprie les codes de la bad bitch de luxe : fan de haute-couture, son look est soigné (la petite nouvelle a plus un physique à présenter la météo sur Canal + qu'à rapper dans la cour des grands), mais ne vous détrompez pas, la passion et l'envie de rapper demeurent bien présents. Lorsque Ms. Azalea s'autoproclame "the illest bitch" sur My World, ses paroles rappellent immanquablement la plus narcissique des Lil Kim à la belle époque. Mais Iggy n'est pas là (que) pour se la raconter ou rapper au sujet de ses fringues. The Last Song, qui évoque une romance nocive avec un bad boy, est influencé par la fascination qu'Iggy a pour l'art, et ce depuis toute petite (grâce à ses parents). La diction y est lente, comme si elle y déclamait un haïku, et les paroles, moins vulgaires, presque poétiques ("We haven't even kissed yet, but that just make me want him more.", "Life's a trip and baby you the plane"). Mieux encore, le clip qui l'accompagne ressemble aux coulisses d'un shooting arty et un sample du film Basquiat est servi en guise d'introduction. +5 points niveau créativité. Cela dit, ne la jugez pas trop vite car, en plus de tout ça, comme on dit dans le jargon : the girl can spit. L'habit ne fait pas le moine.

A quoi ça ne ressemble pas ?
A Kreayshawn - peut-être aviez vous déjà oublié son existence, désolé de vous la rappeler. Ça ne ressemble pas non à plus à Nicki Minaj et son eurodance légèrement mâtinée de rap. Ouf.

 

Que faut-il faire de cet artiste ?
Lui laisser une chance de faire ses preuves, car en qualité de rappeuse blanche, Iggy ne reçoit hélas pas un soutien inconditionnel de la part de ses pairs. Il faut également espérer que T.I. surveille de près le projet, et ne pas compter sur le buzz pour vendre. Bonne nouvelle, le premier single, Murda Bizness, se veut rassurant. Les basses s'y font bien sentir, le flow d'Iggy est parfaitement calé, et on est content que le producteur du titre soit lui aussi un artiste émergent (Bei Maejor), et non un big name appelé pour faire son travail habituel. Gageons également que son petit ami actuel, A$AP Rocky, lui donnera également le coup de pouce et la médiatisation nécessaire pour sortir du lot. Ben oui, Murda Bizness, certes... mais bizness quand même. Clic clak, bang bang.
 

Thomas Rietzmann.