Quand Beverly, jeune étudiante américaine à Paris, rencontre Eric, c’est le coup de foudre. Impressionnée par le charisme et le pouvoir médiatique de cet homme, Eric Zemmour, elle s’embarque dans une folle aventure, sans se douter qu'il cache bien des secrets…  Eric va embarquer Beverly dans un tourbillon idéologique et sexuel, qui va la troubler : elle qui est si jeune et si naïve, est-elle prête à céder à cet homme, si beau, et tellement réactionnaire ?

 

50 nuances de Brun, le nouveau « mummy porn » bientôt « sexseller », un roman chaud comme une baraque à frites d’Hénin-Beaumont, qui devrait en émoustiller plus d’une.

 

Voici quelques extraits en exclusivité.

 

(…) Deuxième rencontre avec Eric. J’espère que cette fois-ci je ne vais pas autant rougir que la dernière fois. Mais je l’ai trouvé si charismatique, si fragile et si puissant à la fois... Je crois que j’ai vécu ce qu’on appelle un coup de foudre. On a parlé de mille sujets, sur lesquels j’étais totalement d’accord : la nation, l’immigration, tout ça. Et aussi Vichy. Je ne connais pas bien l’histoire de France, mais il m’a expliqué que les Juifs français avaient été sauvés à près de 100%. A 95%. Daddy me parle, depuis que je suis toute petite, de l’influence sioniste dans le monde. Je suis sûre qu’il s’entendrait à merveille avec Eric…

 

Ohlala, j’imagine déjà la rencontre avec mon père, alors qu’on s’est juste embrassés, la dernière fois !

 

Mais c’est si rare que je rencontre un homme qui pense comme Daddy et moi, et qui soit aussi séduisant. Le mois dernier, quand j’étais encore au Texas, mon oncle Bill a voulu, lors d’une soirée, me présenter des jeunes hommes bien comme il faut, mais ils avaient tous des cagoules blanches et pointues. Impossible de savoir s’ils étaient beaux ou pas !  La loose.

Alors qu’Eric… J’ai beau ne pas croire aux princes charmants, jamais je n’ai senti mon cœur battre aussi fort. Il m’a dit qu’il allait me révéler ses secrets. Rien qu’à moi. Parce que j’étais « spéciale ». Moi, la jeune étudiante, je suis spéciale à ses yeux ? Je n’en reviens pas… Lorsque je sonne à sa porte, mon cœur fait des petits bonds dans ma poitrine.

 

Beverly, calme-toi, ce n’est pas non plus Charlton Heston !

 

Il ouvre la porte, et là, je le découvre vêtu de cuir, et habillé comme une femme. Je ne comprends plus rien. Mais qui est cet homme, devant moi ? N’est-ce pas lui qui critique le fait que « la société unanime sommait les hommes de révéler leur "féminité" qui était en eux ? » Il a même écrit qu’« avec une bonne volonté confondante, suspecte, malsaine, les hommes font tout ce qu'ils peuvent pour réaliser ce programme ambitieux : devenir une femme comme les autres ». Je suis perdue. Il lit la confusion sur mon visage, me tend un verre de champagne, et me dit avec sa voix sensuelle : « Beverly, il y a ce que j’écris, et il y a ce que je vis. Et je veux te révéler, si tu es d’accord, ma vraie personnalité, mes vrais fantasmes ». Mon Dieu ! Suis-je prête à vivre cela ?

 

Dans quoi tu t’es embarquée, Beverly ? (…)

 

 

(…) Mon amie, Amber, me dit de me méfier de lui. Elle me dit que c’est un « dominant ». N’importe quoi. Ça c’est parce qu’elle ne le connaît pas intimement, comme je le connais à présent.  «Et il est contre l’immigration, même régulée », m’a t’elle rappelé.  Oui mais je suis américaine. Et blanche. Et chrétienne. Je pense qu’au fond d’elle, elle est jalouse de moi. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de rencontrer le Prince Charmant, qui plus est le Prince Charmant qui vous fait découvrir le plaisir et les jeux SM, en même temps ! J’ai envie que Michael, mon meilleur ami gay et noir (il est tellement drôle) rencontre Eric, pour me donner son avis. Mais j’ai comme un léger doute sur le fait qu’ils s’entendent bien. Ce soir Eric m’a invité chez des amis à lui, je me sens tellement stressée ! J’ai passé trois heures à changer de tenue. Je sais qu’il aime bien quand je suis en « femme-femme ». La soirée se passe bien, je rencontre plein de gens chouettes, et même un maire d’une ville du Nord, Steeve quelque chose, qui est gay (mais lui il n’est pas très drôle…) Finalement, j’aurais pu inviter Michael sans problème !

 

Eric me donne des petits coups de cravache discrets pendant la soirée. Qui aurait cru, il y a quelques semaines, que ces trucs sado-masos me rendraient folle de désir ? Mais à un moment de la soirée, je le perds de vue. Je suis en panique. Un invité me dit qu’il est en réunion avec la responsable d’un grand parti politique. Lorsque je le retrouve, il est dans une chambre, à quatre pattes, avec sur lui une femme blonde. Je sais maintenant qu’il aime ces jeux, mais là je suis surprise…

 

-  Le pouvoir attire les femmes, c’est comme ça, c’est dans leur cerveau archaïque, m’explique-t-il, avec un petit sourire en coin.

-  Mais là, c’est elle qui te domine, lui dis-je, avec une voix peu assurée.

-  Oui, bon, ok, mais c’est une soirée, hein, et on a picolé, ça va, c’est bon quoi…

 

Je quitte soudainement la soirée, alors que la dame blonde sort de son sac un drôle d’objet, en forme de sapin de Noël... Je suis totalement perdue. Eric a pourtant fait ces derniers temps mon éducation sexuelle et politique, et il m’a expliqué, je le cite, que les femmes « aimaient les dictateurs parce qu’ils sont violents, ça agit comme une super virilité dans l’inconscient féminin, c'est une évidence. C'est les femmes qui demandent aux hommes d’être aussi autoritaires et aussi dictateurs, c'est elles qui en ont besoin ». M’aurait-il trompé ? Ma confusion n’a d’égale que mon irrésistible attirance pour lui.

 

Que vas-tu devenir, Beverly ? Et si Amber avait raison ? Ce serait terrible… (…)

 

(…) C’est décidé, je ne réponds plus à ses messages ou à ses appels. Mais c’est affreux, il fait la couverture de tous les magazines, et à chaque fois que j’allume la télé, il est là. En le voyant, ce soir, sur mon petit écran, chez Ruquier, je repense à ses petites mains frêles mais viriles, sur mon corps… Je sens des frissons parcourir mon échine. Je repense aussi à cette folle nuit, quand il avait enduit tout mon corps d’huile. « C’est de l’huile fabriquée en France…», m’avait-il murmuré, au creux de mon oreille, de sa voix fluette et puissante à la fois. En pinçant mes tétons, il avait rajouté : « tu sais, les Français et les arabes, c’est comme l’huile et le vinaigre, mettez les dans une bouteille ils se sépareront », juste avant de me faire jouir des seins. Et dire qu’il y a quelques semaines, j’étais vierge ! Comme l’huile d’olive…

 

Beverly, il faut que tu arrêtes de penser à lui !

 

Tout d’un coup, on sonne à ma porte.  Je regarde par le judas : c’est lui. Mon dieu, et moi qui suis en pyjama ! Le suicide du couple ! J’ouvre : il porte une burqua. Qu’est-ce que c’est encore que cet accoutrement ? Un nouveau jeu sexuel ?

 

-  C’est une blague ! me lance-t-il en riant fort. Je suis déguisé en suicide français !

-  Oh Eric, tu es bête, mais je t’aime, dis-je, en regrettant aussitôt mes mots.

 

Beverly, tu viens de lui avouer ton amour !

 

-  Moi aussi je t’aime, me dit-il avec son beau regard en biais.

-  Espèce de terroriste, dis-je, touchée par sa déclaration.

-  Ah non, me répond-il, avec ce petit air sérieux qui me fait tellement craquer, les djihadistes ne sont ni des criminels ni des terroristes, ils suivent le Coran.

-  Oui, je sais, et la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça. Je t’ai vu à la télé, tu sais, lui avoué-je, en rougissant.

-  Je suis tout nu sous ma burqua, me dit-il, alors que je remarque son excitation, sous le tissu noir.

 

Eric, je te pardonne tout, tu es le seul homme à rendre une pensée réactionnaire aussi sexy… (…)

 

 

(…) Enfin, mes parents rencontrent Eric, lors d’un dîner. Ils sont venus spécialement du Texas pour rencontrer mon amoureux. Tout se passe à merveille, quand, pendant le fromage, il y a un incident. Eric parle de la France. « Il n'y a pas de version optimiste au suicide français. On ne fera pas, d'après moi, renaître la France de ses cendres sans payer les pots cassés de ce suicide. On va vers des choses très graves, et ce n'est qu'après ces troubles qu'éventuellement, un homme providentiel fera renaître le Phoenix. » Ma mère, qui ne comprend pas bien le français, lui dit : « Ah bon vous connaissez la ville de Phoenix, en Arizona ? » La bourde ! Eric s’énerve, mais –ouf- ils tombent d’accord sur la peine de mort, quand Eric, si brillant, dit qu’en supprimant la peine de mort, on a délégitimé une certaine hiérarchie des peines.

 

En rentrant, dans le taxi, nous nous embrassons, avec force et tendresse à la fois, mais quand, emballée par le dîner, je lui parle du mariage, il se braque :

 

-  Le mariage d'amour mène au divorce de masse. Donc en fait, le mariage d'amour mène à la mort du mariage, me dit-il, avec un air catégorique.

 

Je boude. Il m’agace, parfois, avec tous ses aphorismes !

 

-  De toute façon, lui dis-je, toute colère, on n’est pas de la même génération. On a 36 ans d’écart. Tu as une vision des femmes qui est super old school. L’autre jour tu as dit que l'autonomie totale en matière sexuelle était un mythe, et que le consentement mutuel était un mythe. C’est n’importe quoi. Tu devrais un peu plus écouter les féministes, genre les Femen. Elles, elles sont jeunes. Et en plus elles se battent comme toi contre l’islamisme.

-  L’islam.

-  Oui enfin peu importe, dis-je, les joues rougies par mon discours.

 

Je sens que je l’ai vexé. En plus je lui ai parlé des féministes, alors que c’est une de ses bêtes noires. Mais tant pis, il n’avait qu’à pas refuser de m’épouser !

 

(…) Trois jours sans nouvelles d’Eric. Je m’en veux, de l’avoir provoqué. L’aurais-je émasculé ? Mon Dieu ce serait un cauchemar. Je sors de chez moi, le vague à l’âme, quand tout à coup j’aperçois un attroupement, dans la rue. Au milieu des gens, je vois Eric, en Femen, avec écrit « Fuck islam » sur le torse.

 

-  Beverly, me dit-il, j’ai compris tes mots. Moi aussi je peux être moderne, regarde ! me lance-t-il, le poing levé.

-  Mais Eric, lui dis-je, et ton discours masculiniste ? Et ton image médiatique ?, dis-je, bouleversée par son attention.

-  J'essaie de ne pas être un « nouvel homme » mais plutôt un homme éternel. Et je veux t’aimer pour l’éternité. Beverly, veux-tu m’épouser ?

 

Oh mon Dieu, je suis en train de vivre un véritable conte de fées. Nous allons nous marier, à Vichy, puis repeupler la nation française, mon amour… (…)

 

 

Camille Emmanuelle // Illustrations et couverture: Olivier Laude.