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Ce n'est pas que nous voulions être tatillons, mais si des portraits fouillés de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le routier de Nice, sont publiés en ce lundi matin dans plusieurs journaux nationaux, ils ne mettent pas en titre (ni même en avant) une donnée hautement essentielle du bonhomme : sa « bisexualité » (hem hem).

« D’autres décrivent un homme porté sur la boisson, enchaînant les conquêtes féminines et masculines, capable d’accès de colère », perdu au fond de l’article de Libé. Même chose dans Le Monde : « Peu religieux, consommateur d’alcool et de porc, amateurs de femmes et d’hommes, Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait consulté un psychiatre en Tunisie en 2004, qui avait diagnostiqué un « début de psychose », rapporte L’Express » Dans le Parisien du lundi 18 juillet, un peu plus cash dans le papier sur "Le sidérant profil du terroriste", « les noms de nombreuses conquêtes féminines, mais aussi masculines, ont été identifiés dans son téléphone portable. La plupart d'entre elles ont été auditionnées, et notamment un homme de 73 ans, présenté comme le principal amant de celui que Daech a décrit comme un de ses soldats dans sa revendication, samedi. » L’amant en question revient dans la légende de la photo tout droit sortie… d’un profil Grindr.

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Pas besoin d’être un Jedi pour savoir que la haine de soi est le plus court chemin vers la peur, puis le côté obscur, la colère, et la souffrance. Cette haine est la plus destructrice qui soit. Lorsque société, Etat, famille et religion (mêmes des reliquats lointains, dans ce cas précis) vous écrasent de tout leur poids, comment partir en héros plutôt qu’en sombre merde incapable de s’assumer ? Hop, un camion, une kalachnikov, un couteau ou une bombe feront l’affaire. Bien sûr, on ne prétend pas que le modus operandi et les raisons sont irrémédiablement reproductibles et applicables à l‘infini – ce serait trop facile de faire de tout djihadiste un homo refoulé, et les antécédents psychiatriques tiennent visiblement une part non négligeable dans bon nombre de soi-disant "radicalisations" -, mais il y a forcément quelque chose à creuser de ce côté, un mois après la tuerie d'Orlando.  Quelque chose de l’ordre du changement de paradigme, peut-être ? Quelque chose qui évite la victimisation ethnocentriste sur le mode "OMG, c'était un homophobe, OMG ils détestent le style de de vie à la parisienne et les macarons au thé vert." Ce changement de paradigme porte un nom : l'éducation.

Notre Etat "de droit" a un devoir d'éducation, d'explication, d’inclusion, d’acceptation (coucou Justin Trudeau !), mais veut nous faire croire, par ses discours guerriers, que la seule issue possible est la mort de personnes par milliers, rapport au « choc des civilisations ». Que des hordes de réfugiés allergiques au jambon-beurre viennent ici pour cuisiner des tajines et faire péter des bombes. Mon cul. Et ce type, là, n'était pas plus musulman (et djihadiste) que le cardinal Barbarin. Michel Houellebecq, dans ses premiers romans, liant misère (homo)sexuelle et terrorisme, avait encore une fois vu juste. Et Valls, Sarkozy et consorts ont, encore une fois, tout faux. Notre premier ministre chéri dénonce même, sans rire, la "Trumpisation des esprits" en France. La faute à qui, Manolo ? Comment veux-tu que les Français voient clair dans ces discours schizophrènes Comment veux-tu que les électeurs FN changent leur fusil d'épaule ? Parce que clairement : 

1. Oui, l'homosexualité existe dans les pays arabes/musulmans/africains, et ce dans une proportion au moins aussi élevée que dans les pays « occidentaux ». Pas « d’importation de la tendance par une colonisation culturelle », pas de "c'est interdit depuis la nuit des temps dans nos sociétés musulmanes », comme on peut le lire à longueur de commentaires sur les réseaux sociaux. Et surtout, « pas de choc des civilisations ». Ceci est du flan.

2. Les religions ont tort de la réprimer. Et croyez-nous, c’est le cul et l’amour qui gagneront à la fin. Pas la guerre ni Dieu. 

3. Daech a tout faux, et figure vraiment une bande de baltringues opportunistes, à revendiquer jusqu’à la fracture du col du fémur de mamie Huguette. Et ça, ça fait du bien au moral.

4. Non, la France n'est pas en guerre. Elle subit simplement un vieux retour de bâton, désolant et prévisible. Qu'elle écrasera à coups de Contrats à Durée Indéterminée, pas en faisant les gros yeux à la télé.

5. Oui, il y a des raisons de flipper et de vouloir se réfugier dans une grotte, et oui, certains barbus sont de vrais fanatiques qui croient en leur salade. Mais la vie est courte, même sans camion lancé à toute blinde sur la promenade des Anglais. La peur et la panique dont nous abreuvent hommes politiques et médias ne servent strictement à rien, si ce n’est à créer plus de peur et de divisions dans la population. Que ce soit en France, en Irak, en Turquie, au Brésil ou au Yémen, il serait temps de se rendre compte que la majorité des êtres humains qui peuplent ce caillou pathétique veulent seulement 5 choses importantes : de la bouffe et de l’eau potable dans leur assiette et leur verre, un toit sur la gueule pour quand il fait orage, quelques médocs, un peu d’amour réciproque, et la possibilité de jouer à chasser ces putains de Pokémons. Le reste, c’est de la merde.

Bisous.