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Alors qu’on se prépare, en France et ailleurs, à marcher pour revendiquer l’égalité des personnes quels que soient leur orientation sexuelle et leur genre, un rapport de SOS Homophobie rapporte que les agressions homophobes sont en augmentation dans l’Hexagone de 15 %, et de 42 % chez les lesbiennes. Dans une récente étude, lIfop parle dailleurs de « climat homophobe », avec deux tiers des LGBTQ+ qui déclarent avoir « déjà évité de se tenir la main » (62%) - lecteur hétéro, imagine deux secondes ne pas pouvoir tenir la main à ton mec, à ta meuf, par peur de te faire casser la gueule…

Fiestas et arcs-en-ciel

Cinquante ans après la première Pride à New York en réaction à une violente descente de police au sein d’un bar emblématique gay, le Stonewall Inn, la notion de droit à vivre son corps et sa sexualité comme on l’entend reste un objet de lutte. Et si on est nombreux à vouloir festoyer aux couleurs de l’arc-en-ciel LGBTQ+, de nombreux signaux disent très clairement que la reconnaissance des genres, des corps et des sexualités pluriels n’est absolument pas acquise.

Avec l’avènement d’une pensée populiste, on a ainsi vu, ces dernières années, l’affirmation d’une parole très clairement homophobe et transphobe chez certains Présidents. Sans aucun complexe, des mots haineux indignes des plus hautes fonctions de l’État sont régulièrement prononcés ; des actes font reculer les droits des LGBTQ+ de manière drastique. Tour d’horizon des têtes d’affiches qui encouragent une vision du monde belliqueuse hétérocentrée.

Vladimir Poutine, en soutien aux « purifications » tchétchènes

Un an après avoir infligé arrestations, tortures, et mauvais traitements à des gays, des lesbiennes, des bi et des trans, les autorités tchétchènes ont à nouveau placé au secret une quarantaine de personnes LGBTQ+ fin 2018, selon Amnesty International. Deux d’entre elles seraient mortes des suites à de mauvais traitements.

Vladimir Poutine, qui se fend régulièrement de propos homophobes, soutient le dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov, dans sa volonté de « purification ». Le président russe avait par ailleurs fait voter une loi « contre la propagande homosexuelle » en 2014, soit une interdiction totale de toute manifestation publique pour les gays et les lesbiennes.

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Poutine en version gay (2017). L’image a été interdite au motif qu’elle serait « non-réaliste sur l’orientation sexuelle du Président [russe] ». L’artiste, A.V Tsvetkov, a depuis été interné en hôpital psychiatrique.

Rodrigo Duterte : les homosexuels, ces grands « malades »

Aux Philippines, c’est le président Duterte qui a laissé entendre récemment que lhomosexualité serait une « maladie » dont il se serait « soigné » grâce « aux belles femmes ». Des femmes auxquelles il a également imputé, en 2018, la responsabilité des viols (« Tant qu'il y aura un grand nombre de belles femmes, il y aura davantage de cas de viol »), encourageant récemment les policiers violeurs au prétexte de la lutte contre la drogue.

Duterte nous confirme que celui qui tape sur les LGBTQ+ ne se gêne pas, en général pour s’en prendre aux femmes – et aux Noirs, aux étrangers, aux handicapés, aux pauvres, etc – et vice versa.

Jair Bolsonaro, haine à tous les étages

Autre anti-LGBTQ+ énervé, le président brésilien qui, en avril, a encouragé la haine avec une énième déclaration homophobe - « le Brésil ne peut pas être le paradis du tourisme gay ». En début d’année, le député Jean Wyllys, connu pour son engagement dans la lutte pour les droits des minorités sexuelles, avait dû quitter le Brésil, victime de menaces de mort. Les propos haineux du président du Brésil à l’égard des personnes LGBTQ+ ne datent pas d’hier. La Banco do Brasil a vu un de ses spots censuré par le Président au motif qu’il montrait des personnes transsexuelles.

Preuve qu’il ne fait pas dans la dentelle, Bolsonaro déclarait en 2011, dans une interview à Playboy, préférer que son fils « meure dans un accident plutôt que de le savoir homosexuel ».

 Donald Trump, petites manipulations entre ennemis

Last but not least, Donald Trump, lui, multiplie les propos contradictoires quand il s’agit des personnes LGBTQ+. Le propos n’en est pas moins clair. Et s’il célébrait le mois des fiertés LGBT, le 30 mai, dans un tweet qui fit grand bruit, son historique avec la communauté, en mots comme en actes, le pose en détracteur de la communauté.

« Alors que nous célébrons le mois des fiertés LGBT et que nous reconnaissons les contributions extraordinaires des personnes LGBT à notre grande nation, nous souhaitons également faire preuve de solidarité envers les personnes LGBT qui vivent dans les pays qui punissent, emprisonnent ou même exécutent les individus sur la     base de leur orientation sexuelle ».

On ne compte plus, en effet, les propos et mesures contre les gays, les lesbiennes et les trans. Le 24 mai (soit six jours après le tweet sus-mentionné!), le président américain proposait de supprimer les mesures de protection des droits civils qui interdisaient toute discrimination à l’encontre des patients transgenres – validant la possibilité pour le personnel médical de refuser l’exécution d’actes de chirurgie de réattribution sexuelle.

Plus tôt, il s’opposait à l’Equality Act, un projet de loi qui vise à interdire la discrimination sur le critère de l’orientation sexuelle. On l’a vu également instrumentaliser la fusillade d’Orlando, en juin 2016, (50 morts et autant de blessés graves dans une discothèque gay), profitant de ce que le débat public incriminait une cause islamiste présumée : « En tant que président, avait-il dit alors, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger nos concitoyens LGBTQ+ de la violence et de l’oppression d’une idéologie étrangère haineuse. »

 

Pour finir sur une note positive, ce post Instagram de soutien à la communauté du prince Harry et son épouse Megan.

  So mimi, la référence à Diana.

Comme ils disent : « Love is love... »