Clément Viktorovitch revient sur les propos de Julia Graziani concernant les femmes au SMIC et explique comment loin d'une erreur de jugement, il s'agit en fait d'une propagande redoutable mise en place par ses confrères de L'Incorrect, magazine d'extreme droite monté par des proches de Marion Le Pen auquel la journaliste contribue en parallèle de ses interventions sur LCI. Si Valeurs Actuelles peut amuser par son côté désuet, représentant une vieille France nostalgique de sa période coloniale et s'adressant donc à un public plus âgé, L'Incorrect vise une génération plus jeune, sa méthodologie est glaçante, calculée. Il mélange positions d'extreme droite et ultra libéralisme (l'ambition du magazine étant de réconcilier droite et extreme droite). Le mensuel rappelle certains courants de pensée qu'on retrouve à la fac d'Assas et à HEC (connues pour abriter un large noyau d'étudiants aux idées réactionnaires et ultra libérales) et ce n'est pas un hasard étant donné que ses collaborateurs en sont pour la plupart issus (tout comme ils viennent de la manif pour tous). La manipulaton y est plus sournoise en s'habillant d'atours plus séduisants et contemporains que ceux du papy Valeurs Actuelles. On s'aperçoit que les leçons de marketing apprises dans les prestigieuses grandes écoles de commerce sont mises en pratique au profit d'une propagande dont la sniper Julie Graziani est un pion stratégique mis en avant pour repousser les limites de l'acceptable dans le discours public pour faire apparaître comme modérés les propos des représentants politique de l'extreme droite. Ce n'est pas un hasard si les excuses de Julie Graziani suite à sa sortie polémique ont été présentées par la journaliste dans les colonnes de L'Incorrect. Il s'agissait surtout de mettre un coup de projecteur sur la publication d'extreme droite en profitant de l'engouement médiatique.

(Source : Clement Viktorovitch pour Clique)