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Le film de Maïmouna Doucouré raconte l'histoire d'Amy 11 ans, parisienne d'origine sénégalaise et musulmane qui fait partie d'un groupe de jeunes danseuses qui reprennent les danses et poses lascives des pop stars dans leurs vidéos. Le film a pour but de dénoncer l'hypersexualisation des enfants et la facilité d'accès qu'ils ont à des contenus en ligne non appropriés à leur âge. Netflix qui distribue le film aux Etats-Unis a commis l'erreur de choisir pour le marché américain une affiche qui non seulement ne représente pas le contenu du film mais pourrait insinuer qu'il fait la promotion de ce qu'il dénonce. Alerté en ligne par les internautes, Netflix a retiré l'affiche mais la droite américaine en campagne électorale s'est emparée de la polémique naissante (pour faire diversion, désespérée par la campagne gênante de Trump ?). Le sénateur républicain du Missouri Josh Hawley a écrit à Netflix pour demander pourquoi la plateforme distribuait un film qui exploitait sexuellement des enfants et les mettait en péril leur sécurité.

Dans sa lettre le sénateur incrimine surtout l'affiche américaine et le marketing du film fait aux Etats-Unis par Netflix. C'est ensuite l'inénarbale sénateur de Floride Ted Cruz qui lui a pris le pas en écrivant au ministère de la Justice prétextant lui aussi le bien être des enfants dans le film (alors que le bien être des enfants migrants séparés de leurs parents à la frontière mexicaine il trouve ça très bien) allant jusqu'à parler de pornographie, il a réclamé une enquête. La réalisatrice s'est exprimée dans une interview accordée à Zora, elle  explique qu'un psychologue pour enfant était présent sur le tournage et chaque scène était expliquée aux actrices ainsi qu'à leurs parents. Le suivi des actrices continue aussi depuis la fin du tournage afin de les aider à gérer leur nouvelle notoriété. Maïmouna Doucouré est également revenue sur la polémique lors d'un panel organisé par Unifrance en déclarant que les personnes qui militent contre son film partagent en fait le même combat qu'elle. Alors mauvaise foi de la part des américains (pays importateur en France des danses lascives pointées du doigt dans le film mais aussi inventeur des concours de mini miss) ou bien divergence d'opinion sur la façon de traiter le sujet  ? C'est le fameux dilemme auquel se confronte tout artiste : pour dénoncer quelque chose il faut le montrer au risque que certains y voient une apologie de ce qui est dénoncé. Il est possible également que cette polémique née de l'affiche américaine choisie par Netflix viennent de personnes s'étant arrêtées à celle-ci sans avoir vu le film. La réalisatrice les y engage.