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La ministre de la Culture s'est illustrée ce week end en couverture et dans les pages du magazine ELLE et sur France 2 dans 20h30, le dimanche pour parler d'un sujet qu'elle maîtrise parfaitement : elle-même. 

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ELLE l'annonce en une : "CULTURE EN DANGER" et demande si Roselyne Bachelot peut relever le défi. Cela méritait bien un photoshoot et une interview. Enfin des réponses pour tous les acteurs du monde culturel, ravagé par la crise de la Covid, de la part de leur ministre ! Et bien tout est résumé dès la première phrase :

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Roselyne Bachelot n'est pas là pour parler du monde culturel mais pour raconter sa vie. Extrait. 

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Bien. Raconter sa vie constitue 95% de l'interview, les 5% restants c'est pour parler menuiserie tant la langue de bois est de sortie chaque fois que le sujet de la culture et la crise qu'elle traverse est abordé.

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Amis artistes, exigez de votre ministre des attestations signées de sa part "Le créateur est unique, c'est sa grandeur et sa dignité" et "Je passe ma vie avec les artistes" à présenter à la caisse de votre Carrefour Market.

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"Regardez les américains ! Alors, museau vinaigrette, hein !"

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Egotrip. "Je suis une personne de qualité" parce que je suis une ministre qui s'écrase. Mais attention, ce sacrifice lui en coûte et elle  en hiérarchise les victimes dans l'ordre qui lui importe : Elle, le monde de la culture, l'ensemble des français. Roselyne devait sortir son autobiographie "Ma vie en rose" (Albin Michel) mais, crise de la Covid oblige, la sortie a été reportée. Soit, elle se raconte donc dans ELLE et dans 20h30, le dimanche. Mais revenons à la culture, on finirait par oublier qu'elle en est la ministre en fonction à la lecture de cette interview. C'est quoi le projet pour sauver la culture ?

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Le menuiserie, encore. Bref elle n'en sait pas plus que nous. Toutefois Roselyne Bachelot explique une chose importante, un ministre ça ne servirait à rien.

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C'est toujours bon à savoir et à retenir. Ce n'est pas aux ministres qu'il faut s'en prendre quand l'action du gouvernement déplait mais au Président qui, au bout du compte, est responsable. Un rappel qui tombe bien. Mais alors que faire pour les artistes et tous les autres acteurs du monde culturel ? Qu'est-ce que la ministre de la Culture peut leur proposer avec sa marche de manoeuvre limitée ? Et bien, en attendant une action du Président ("la culture est dans son adn") en leur faveur, Roselyne Bachelot les invite à agrémenter leurs pâtes de pauvres avec du Gorgonzola.

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En réponse à Matt Pokora, très actif porte parole du monde du spectacle, qui espère un retour rapide des spectacles vivants, la ministre a d'abord répondu en lui parlant de son bébé (!) puis a, une nouvelle fois, croisé les doigts.

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Toutefois, Roselyne Bachelot a, à son crédit, le mérite d'avoir utilisé le terme de violences policières pour qualifier l'agression de Michel Zecler. En sa qualité de ministre cela n'est pas anodin, reste à savoir comment cela a été reçu au gouvernement et à l'Elysée qui récusent le terme.

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Ces deux sorties médiatiques au cours desquelles Roselyne Bachelot est très, très largement revenue sur sa vie, n'ont pas été l'occasion pour les journalistes de revenir sur son action au ministère de la Santé et plus particulièrement sur la précarité actuelle de l'Hôpital public avec pour cause principale la loi qui porte pourtant son nom, la loi Bachelot. 

Roselyne est plus que prête pour son one woman show  (elle pourra même recycler la photo de une de ELLE pour son affiche), enfin si quelqu'un, quelque part sauve le monde du spectacle.

(Sources : Elle / France 2)