C’était comment votre enfance en France? 

Carine Brancowitz : Un grand tumulte en bord de Loire.

 

Où avez-vous vécu ensuite et où vivez-vous aujourd’hui et pourquoi ? 

J'ai fait mes études à Paris où je vis toujours avec de nombreux aller-retour en Italie.

 

À l’école, vous aviez une trousse pleine de stylos Bic ? 

Oui, j'en avais beaucoup ! J'ai toujours été très fan des bics quatre couleurs.

 

Vous dessiniez tout le temps en classe ? 

A l'époque j'étais plutôt férue de peinture a l’huile. Mais ayant une mère qui dessinait constamment je pense que j'ai juste pris le relais...

 

Comment c’était l’École Estienne ? 

Malheureusement, une grande déception.

 

D’où ça vous vient de tout faire au stylo à bille ? 

Je suis un peu maniaque. J'aime bien les endroits très propres ! Et puis je voyage assez souvent, alors les stylos sont plus simples à transporter.

 

Vous êtes inspirée par ce qu’on appelle « la ligne claire » ? 

Pas du tout. J'ai lu quatre BD dans ma vie. Des Calvin & Hobbes.

 

Et Tintin ?

Je n'ai pas d'attirance.

 

Comment êtes-vous devenue artiste ?

Je pense qu'on ne le devient pas... 

        

Comment êtes-vous devenue adulte ? 

On peut plus ou moins passer à travers les mailles du filet, si on le souhaite.

 

Vous avez dessiné pour des grosses marques comme Nokia, SFR, DC Comics… Comment avez-vous été « découverte » ? 

J'ai cherché des agents. Ils s'occupent bien de moi maintenant.

 

On imagine que pour un artiste, travailler pour les marques relève juste du job alimentaire. Vrai ou faux ?  

Non, pas toujours en fait. Souvent c'est bien. Toujours déroutant en tout cas. Ça entraine sur des chemins insoupçonnés et inattendus. Ça casse le rythme, comme une respiration sur une portée. C'est complémentaire à un travail plus personnel. 

 

Vous avez aussi travaillé pour Kitsuné, Record Makers, (illustration d’un EP de Sébastien Tellier, nda), un single d’Étienne Daho, Phoenix... Généralement, vous êtes proche des univers musicaux des artistes avec lesquels vous avez travaillé ? 

Je ne crois pas. Mais j'aime bien toutes ces personnes. C'est différent !

Si oui à la question précédente, vous n’aimez que la musique française ? Si non, on peut passer à la question suivante.  

Non, j'ai toujours préféré le rock anglais... Mais le fleuve semble à sec en ce moment. En France j'aime bien Fleurent-Didier. J’aime aussi la musique italienne des 70's.

 

Vous êtes aussi illustratrice de presse pour pas mal de titres tels que Nylon, Cosmo, Wad, Marie Claire…Lumière sur ce métier : parlez-nous du taf d’illustratrice de presse.   

C'est exactement la même réponse que pour les jobs alimentaires, avec des délais plus serrés.

 

Vous dessinez quand même beaucoup plus d’êtres humains que d’autres choses, c’est une obsession ? 

Oui j'aime bien les jeunes gens et ce qui les entoure.

 

Ce qui est troublant pour quelqu’un de vieux et moche comme moi, c’est que vous dessinez quand même beaucoup d’êtres humains jeunes et beaux. C’est une obsession ? 

Oui.

 

Comment dessineriez-vous Brain Magazine ? 

Un garçon jeune et beau alors...

 

Où, quand, avec qui, pourquoi et comment avez-vous l’inspiration ? 

Un peu tout le temps. L'inspiration est généreuse.

 

Vous n’avez le droit qu’à une œuvre (roman, disque, film, roman graphique, album photos…) pour partir sur une île déserte. Laquelle ? Après une longue réflexion, je pense que j'emmènerais La Bible.

 

Quelles sont vos principales influences ? 
De Praxitèle à Rohmer en passant par Lucio Battisti. Une influence en amène une autre. C'est un chantier en travaux perpétuels, un flux continu.                                               

Comment voyez-vous votre avenir ?
Je ne sais pas. Je suis sur le qui-vive.

 ++ Le site de Carine Brancowitz