Où as-tu grandi ?
John John Jesse : Je suis né à New York, dans le même hôpital où est mort John Lennon. J'ai grandi dans le Lower East Side, avant que ce quartier devienne un supermarché chic pour yuppie et hypeux... J'imagine que ce sont les comic books qui m'ont donné envie de dessiner quand j'étais tout gamin. C'était quelque chose que je pouvais faire bien naturellement. Mais pour être entièrement honnête, je ne m'intéresse pas tant que ça à l'art. Je ne suis pas réellement inspiré par d'autres artistes. Je fais juste ce que je fais. Je n'achète pas de magazines ou de livres d'art. Ce qui me branche c'est le punk rock et les hot-rods (voitures américaines, ndlr).

Pourquoi avoir déménagé à Brooklyn ?

John John Jesse : Parce que je n'avais plus les moyens de payer mon loyer dans mon quartier. Les gens payent 2000 dollars pour un studio minuscule. C'est ridicule.

Comment se porte la scène artistique new-yorkaise actuelle ?

John John Jesse : Je serais incapable de le dire. La dernière fois que je suis allé à un vernissage, il n'y avait que des artistes inconnus qui se prenaient pour des stars. Je crois en l'humilité et cette attitude m'a tout simplement dégoûté de ce monde.

Quelles sont les choses qui t'influencent ?

John John Jesse : Le punk rock, les addictions, l'amour, les peines de coeur, le triomphe et l'anarchisme.

Tu es également un musicien...

John John Jesse : En fait, j'ai officiellement pris ma retraite cette année. On m'a récemment demandé de jouer de la guitare dans le groupe Morning Glory pour une tournée avec Leftöver Crack, mais je me suis demandé si je pouvais me donner à 100% à la fois dans la musique et dans la peinture, et la réponse était non. Ça me manque beaucoup de ne plus faire de musique, mais j'ai joué dans des groupes pendant 20 ans, et ça restera des moments inoubliables.

Comment décris-tu ton travail ?

John John Jesse : C'est mon autobiographie. Puisque je ne peux pas raconter ma vie avec des mots aussi bien que je le voudrais, je le fais avec de la peinture.

Quels sentiments cherches-tu à provoquer lorsque tu peins ?

John John Jesse : Je pense que mes peintures visent à faire réfléchir les gens et à leur faire ressentir l'histoire de ma vie. Mais une peinture doit être belle, donc c'est aussi une priorité. Peindre est une histoire de balance. Ne jamais être trop sombre, ni trop heureux. Et ne jamais se prendre trop au sérieux parce que tu finis toujours par avoir l'air d'un connard.

Quel nouvel artiste actuel apprécies-tu ?

John John Jesse : Aucun. Mon artiste préféré de tous les temps est Jamie Reid, qui a réalisé tout l'univers visuel des Sex Pistols.

Quelles sont les choses dont tu as peur ?

John John Jesse : La foule et les rechutes de drogue.

Est-ce dur d'être un artiste ?

John John Jesse : Bien sûr... Des fois, je suis riche, des fois non. Mais c'est une chance incroyable de pouvoir être un artiste à plein temps et de ne pas avoir à répondre à un boss. J'en ai pleinement conscience. Surtout que je suis un sale feignant.

Tes ambitions ?

John John Jesse : Sortir un livre, devenir millionnaire et vivre dans une autre ville d'ici un an.


++ www.johnjohnjesse.net


 

  • Propos recueillis par A.C.