Ca veut dire quoi "OakOak" ?
OakOak: Ah désolé mais je ne peux pas le dire, c'est personnel. J'ai lu que plusieurs personnes avaient tenté de donner leur version, mais je peux vous confirmer qu'aucune n'était la bonne.

Tu te lances dans le street art à partir de mars 2006. Tu affirmes ne rien connaître aux graffitis et aux tags. Est-ce que tu possèdes par contre une formation artistique ?
OakOak: Non je n'ai pas de formation artistique, mais je pense que beaucoup de personnes qui sont dans le street art ou le graff ou n'importe quel autre forme d'art n'ont pas forcément fait Arts Plastiques ou les Beaux Arts. Du moment qu'on s'amuse et qu'on aime ce qu'on fait, c'est ce qui compte.

Aujourd'hui, c'est en te promenant dans ta ville natale, Saint Etienne, que les idées te viennent. Comment procèdes-tu ensuite pour passer du concept à la réalisation ?
OakOak: Non pas forcément Saint Etienne, je bouge beaucoup et où que j'aille j'essaie de découvrir des endroits, je marche beaucoup, et forcément à force de regarder partout en me promenant je tombe sur des détails intéressants, notamment du mobilier urbain que je ne connaissais pas. L'avantage c'est que toutes les villes ont souvent un mobilier urbain très différent, ce qui offre beaucoup de possibilités. Une fois que j'ai repéré un endroit intéressant, j'y retourne un peu plus tard pour la réalisation.

On retrouve dans ton travail l'influence des années 90, notamment les dessins animés et les jeux vidéo Nintendo et Sega de ces mêmes années. Pourquoi te consacres-tu uniquement à cette période ?
OakOak: Cette période fait partie de mon enfance, donc forcément elle a plus d'impact sur moi que celle des 70's des 80's. Mais je ne m'y consacre pas uniquement, disons que les références sont plus nombreuses pour moi donc plus faciles. Mais si on regarde bien, les œuvres faisant référence aux 90's sont presque minoritaires par rapport au reste. J'imagine qu'elles marquent certainement plus les gens car justement elles font appel à des références que beaucoup connaissent. Une de mes prochaines œuvres fera référence aux années 2000.

Tu dis avoir « toujours trouvé un peu triste de ne rien faire de drôle sur les murs ». Par le biais de l'humour justement, quel discours cherches-tu à proposer ?
OakOak: Je n'ai pas vraiment de discours, je m'amuse dans ce que je fais. Et si cela peut montrer qu'un mur peut être autre chose qu'un simple mur gris tant mieux. Et si cela peut montrer que tout le monde peut détourner les objets du quotidien c'est encore mieux.

Tu dis aussi aimer ce principe de « l'œuvre éphémère », une des caractéristiques propres au street art. Effectivement tes projets disparaissent après une semaine ou deux. Cela dit, si tu avais le choix, tu préfèrerais que tes œuvres ne soient pas effacées ?
OakOak: Certaines restent d'autres non... Ca ne me dérange pas, dés que j'en ai fait une, pour moi c'est terminé et je passe à autre chose. C'est ce qui me permet d'essayer de toujours trouver de l'inspiration.

A partir de quand as-tu commencé à prendre en photo tes œuvres ? Les photographies ajoutées à la création de ton blog, est-ce que ça n'est pas un peu paradoxal par rapport au fait que tu souhaites rester dans l'anonymat ? Ces démarches là étaient-elles inévitables ?
OakOak: Je prends mes œuvres en photos depuis le départ. Sachant que tout est éphémère, cela permet tout de même d'avoir un endroit où elles continuent d'exister. Mais je ne pense pas que cela modifie la notion d'anonymat. Je poste les photos sur le blog pour que les gens qui ne sont pas sur les lieux puissent les voir, c'est tout. Cela ne change pas ma manière de travailler.

Tu t'imposes certaines limites, comme par exemple dans le choix des lieux ?
OakOak: Non pas forcément de limite, ou alors elles sont juste techniques.

Y'a't-il des artistes street art que tu admires particulièrement ?
OakOak: J'aime beaucoup Varini et Spy, entre autres.

Tu viens de sortir un livre de photographies regroupant l'ensemble de tes créations. Comment est né ce projet et quels étaient tes envies et objectifs par rapport à ce livre ?
OakOak: Nous sommes entrés en contact avec Edition Populaire et les choses se sont faites naturellement, très simplement. Je suis très honoré de travailler avec cette maison d'édition car elle édite des artistes comme Dran, dont j'admire énormément le travail.

Tu as d'autres projets en cours ?
OakOak: Toujours dessiner, c'est le plus important pour moi, ensuite je prends les choses qui arrivent au jour le jour.

Quelle est selon toi ta meilleure réalisation ? Et ta plus mauvaise ?
OakOak: J'ai un faible pour Le Cri de Munch et la caravane de chameaux. La plus mauvaise, je ne l'ai pas mise sur mon blog.
 

++ oakoak.canalblog.com.


Propos recueillis par Cosima Delmare.