Los Del Rio - La Macarena (1993)

 

Est-il encore nécessaire de présenter la Macarena ? Cette ode à l'adultère (l'histoire d'une fille aux mœurs plutôt légères qui trompe son copain alors qu'il est en voyage) s'est imposée comme l'une des chansons emblématiques des années 90. Avec plus de 6 millions de CD singles écoulés dans le monde entier (mais si, souvenez-vous, les singles, ces pochettes cartonnées vendues 5 euros l'unité avec un extended mix de 7 minutes du morceau original offert en bonus). C'est une Mia Frye alors inconnue du grand public qui contribuera à faire de la Macarena un tube incontournable, en imaginant une chorégraphie simple et à la portée de tous, de 7 à 77 ans. Le clip est à l'image de la choré, accessible et coloré, un peu à la United Colors of Benetton. C'est d'ailleurs là qu'on se dit que Mia aurait peut-être dû accepter de demeurer une chorégraphe de génie tapie dans l'ombre, plutôt que de ternir son image quelques années après en balançant sans honte qu'Elodie Gossuin laissait traîner ses strings sales partout dans la Ferme des Célébrités. Los Del Rio, quant à eux, succomberont à la mode mercantile des remixes inutiles en acceptant de sortir une nouvelle version de la Macarena en 2008, featuring deux rappeurs de pacotille et un ersatz de Shakira qui chante le moindre mot de la façon la plus suave possible. Inutile, certes, mais il est rassurant de revoir nos deux papis espagnols, plus bronzés et dynamiques que jamais.


T.R.

 

Alliage - Baïla (1997)

 

Le saviez-vous ? Baila, la première « bombe » des Alliage, sortie en 1997, est restée 17 semaines au top 50 et a été vendue à 450 000 exemplaires. Produit par Gérard Louvin, le quatuor prêtant sa voix à cet hymne à l’amour dans le sable (mais protégé, attention) était composé de :
- Quentin, lippu officiant aujourd’hui dans des pornos gay
- Brian, connu pour son air de famille avec Dany Brillant et son amourette express avec Fofie Favier
- Steven, son carré, et sa déchéance par le bizness et l’alcool
- Roman, le petit jeune aux yeux couleur topaze et aux lèvres bois de rose.

On se souvient, émus, de leurs passages chez Charly et Lulu, de leurs chorés pompées sur les Worlds Apart, et de leurs costumes blancs sans rien en dessous (pompés sur les Worlds Apart). Mais plus que tout encore, on se souvient du sfumato entourant leurs silhouettes dans leur premier clip tourné dans un hangar, et de cet air entêtant immortalisé par les fiches de paroles de chansons de Star Club : « Baila, te quiero amor, ton souvenir, me poursuit encore, Baila, quand tu danses avec moi, je suis fou de toi. » Depuis le temps, le souvenir de Baila a dû partir manger des tapas à Séville, non ? En tous cas, Quentin chante aujourd’hui dans d’autres micros, comme dirait un des derniers commentaires sur Youtube.


A.D.

 

Coumba Gawlo - Pata Pata (1998)

 

« Sakoukou tasa toumbéda assiiiiiii pata paaaata. » Tel était le refrain qui ensoleillait les journées du printemps 1998, alors que nous n’étions que des avortons d'adolescents banlieusards combinant toutes nos forces pour obtenir le plus de numéros possibles de XL Magazine et de « Mes huiles essentielles », une collection des éditions Atlas. Reprise d’un titre de 1957, le Pata Pata de Coumba Gawlo était une fraîcheur, un vrai instant Tahiti gel douche qui passait dans les clips du matin avant le départ au collège les pieds bien enveloppés dans le dernier modèle de Nike cortez. On a aimé la voix haut perchée, le tissage oblong, les petits hauts Lady Soul au-dessus du nombril, et les danseurs en paréos et buffalos de la joyeuse sénégalaise dont le fameux hymne est désormais retransmis l’été sur Trace Tropical. Revoir le clip me donne envie de porter des bikinis sous des vestes en jean et de mettre des bin-bin sous mes vêtements. Info bonus : l’album qui la consacra en France, Yo Male, a été écrit avec Patrick "Alors Regarde, Regarde un Peu" Bruel.


A.D.

 

Havana Delirio - Carnavalera (1999)

 

Si je vous dis side-car, trompettes, palmiers, percus, lunettes de mouche, contrebasse dans le sable, ras de cou masculin, ça vous dit quelque chose ? Sûrement que non, tout occupés que vous êtes à écouter le best-of d’Aventura et les remixes de Don Omar. Eh bien creusez un peu dans votre cervelet ou dans vos compils « M6 hits » et souvenez-vous de Carnavalera, le tube d’Havana Delirio sorti en 1999. Ancêtre de Bailamos, ce titre fut très certainement diffusé moult fois entre la fin du journal télévisé et le début des Feux de l’Amour. Tout dans cette chanson invite au pas de bourrée en sortant de la douche et au cocktail curaçao touillé avec le goodie en forme de petit parapluie. On doit beaucoup à DJ Erik et DJ Carlos, le duo Cubain à l’origine de cette mélodie enflammée : d’avoir fait les nuits des bars de Saint-Michel à l’époque, d’avoir anticipé le look bandana du capitaine Jack Sparrow, mais aussi d’avoir inspiré notre Lorie nationale pour le clip d’Ensorcelée.


A.D.

 

Anaïs Delcroix & Thomas Rietzmann.