Harry Styles, Kèsaco ?

Je l’aime.

 

Au cas où vous ne seriez pas au courant (ça pourrait être le cas si vous ne jurez que par Zebda ou La Rue Kétanou), Harry Styles, bien qu’en étant le plus jeune membre, est le leader de One Direction, le groupe ayant remis les boys band au goût du jour. Formé par le producteur de génie Simon Cowell, ce groupe se constitue de cinq rebuts de l’émission The X Factor agglomérés tous ensemble. Dès sa première audition, le petit Harry - âgé alors de 16 ans - a conquis notre cœur. Les garçons n’ont pas gagné, mais c’était trop tard : une fanbase assez conséquente s’était formée. Plus de retour en arrière, la machine était lancée, avec mégatube à la clé dès septembre 2011. Pour plus de précisions, voir sur Wikipédia.

 

Sombrer dans la folie

Tout ça pour un t-shirt devenu rose et trop petit après un lavage + des autocollants.

 

Retour vers le futur. Quand j’ai rencontré Côme, qui a écrit cet article, nous avons devisé longuement de la sexualité de Harry (sujet délicat). Je n’en ai pas démordu : il n’est pas gay. Enfin, ça, c’était il y a un an (n’hésitez pas à «lâcher un com’z» si vous voulez relancer le débat). Toujours est-il que nous nous sommes «montés le bourrichon» et avons sombré dans la folie peu à peu : pèlerinage sur les Champs pour aller voir This Is Us , le documentaire sur la tournée 2013 des 1D, voyage à Arcueil pour aller acheter des trucs inutiles à la boutique éphémère One Direction, et enfin, organisation d’une colo à Manchester pour aller voir les garçons chanter. Pis encore : au moment de réserver un logement, nous nous sommes laissés tenter par deux nuits à Holmes Chapel, le village natal de Harry Styles situé à seulement quarante kilomètres de la grande ville.

 

La grande vadrouille

Nous et notre maman.

 

Jour 1 : Nous voilà arrivés au vendredi 30 mai. Le concert est le lendemain. On a donc le temps de faire un état des lieux : quid du «joint gate» + Louis est sans doute drogué (cheveux trop longs, barbe de cent jours, nouveau look à la Kurt Cobain), Liam ressemble à un gros daron, Niall ne compte pas. Ne restent que Harry (<3) et Zayn, que nous surnommons le «Soleil d’Orient». Du reste, une fois arrivés sur place, c’est la routine : révisions de paroles de chansons, dégustation de tartes à la viande, visite de Primark. Comme 90% de la population de Manchester se rend à au moins l'un des trois concerts prévus, le stand de merch' est vide, pillé par la foultitude d’enfants de 8 ans que nous croisons, vêtues de pied en cap d’items 1D. Jalousie.

 

Nous y voilà.

 

Harry à 14 ans + le lemon curd qu’on m’a taxé à l’aéroport.

 

Moi + la vieille qui nous a demandé si vraiment on venait de France pour «ça».

 

Jour 2 : Dans notre folie, nous n’avons pas oublié d’être intelligents : nous allons voir la boulangerie dans laquelle Harry travaillait le samedi avant de devenir connu. On finit par trouver la W Mandeville Bakery après avoir fait le tour du pâté de maison, et limite fait un accident de voiture après que l’un d’entre nous ait crié «C’EST SA MAISONNNN !!!» (c’était pas la sienne). On entre en la boulange, on achète des trucs pour faire style(s), et on fait des photos avec le Harry en carton qui est au fond de la boutique. Je me sens de plus en plus proche de lui. Barbara, la vieille dame qui employait notre petit préféré, refuse la photo, prétextant une excuse de merde : «No, I can’t, I’m not allowed». Comme on est de plus en plus fous (souvenez-vous, le concert, c’est ce soir), on achète du merch' 1D partout où y’en a (Tesco, Claire’s, boui-boui qui vend dessins foireux et photos imprimées d’internet).

 

Je vous rassure, le gâteau d’anniversaire, c’était juste pour la photo.

 

Coucou.

 

Quand soudain, c’est l’heure du concert. On est extrêmement bien placés, à genre moins de vingt mètres de la scène. C’est 5SOS qui fait la première partie. Je pense que je vais télécharger leur titre She Looks So Perfect , parfait pour faire le ménage. Par contre, je suis déçue par la nonchalance de Harry, habillé comme une prof d’arts plastiques lesbienne (cf. photo), mais je découvre Niall, qui devient en un soir mon deuxième préféré : je me suis habituée à ses nouvelles dents, il a pris du muscle, il est drôle. Je suis agréablement surprise.

 

Marinière loose : Gémo. Bandeau : Emmaüs Parempuyre.

 

Sexay.

 

Après ce moment merveilleux (c’est quand même super de chanter en cœur What Makes You Beautiful  avec les 1D), on rentre à l’hôtel manger du fromage au chutney et débriefer.

 

Jour 3 : Le jour 3 sonne le glas de notre connerie. Au lieu de traquer Harry dans tout Holmes Chapel, on va traquer les machines à sous de Blackpool. C’était hyper-bien (on a mangé des fish and chips et j’ai trouvé un bob Kangol rose dans un car boot sale), mais quand on voit sur les internets que Harry était dans la place et faisait des photos avec les fans, on vomit. Tout ça se finit en discussions débiles dans la voiture (est-ce que Liam a un gros zizi ? Est-ce que tu crois que Harry, c’est le genre à te plaquer contre un mur ? Niall, y doit être doux au lit, nan ? Etc., etc., etc.) et muffin de la dépression à l’aéroport, mais la triade maléfique qu’on forme prend à nouveau une grande décision : aller voir les 1D au Stade de France.

 

C’est un signe. Il nous attend à Paris.

 

Concrètement, qu’est-ce que ça vaut un concert des 1D ?

Apparemment il n’y a pas que moi à avoir Niall comme 2ème préféré.

 

Concrètement, c’est super. Comme y’a pratiquement que des meufs de 8 ans, c’est facile de jouer des coudes pour avancer un peu. Et puis les directioners sont assez solidaires, globalement. Ils chantent bien, ils sont beaux. Par contre on a noté que Zayn s’est vraiment mis en mode «rien à foutre» : il se contente de mettre un pull Topshop et de chanter juste, mais il ne s’investit pas plus que ça. Sinon, comme à l’heure où je vous écris, je suis retournée les voir au Stade de France, je peux vous dire que c’était mieux qu’à Manchester, et que c’était même de la folie. Moyenne d’âge des fans : 35 ans (on a moins honte) + j’ai vu Harry à moins de 5 mètres + je connaissais vraiment les chansons par cœur cette fois-ci.

 

Pourquoi ne l’ai-je pas rencontré ?

Parce que le destin s’acharne contre moi. Ou peut-être que je suis juste une vieille personne 1) qui ne veut pas faire la queue mille ans pour finir par apprendre qu’il a quitté les lieux en jet trois heures plus tôt ; 2) qui n’est pas logique - pourquoi avoir été à Blackpool alors que Harry était à deux centimètres de moi ? - et 3) qui ne connaît personne qui connaît quelqu’un qui travaille à Voici ou NRJ et qui aurait un plan.

 

Le saviez-vous ?

Toi aussi tu aimes bien les 1D? Tu seras ravi d’apprendre que Louis vient de racheter un club de foot. En ce qui concerne Harry, ce petit chat facétieux, tu seras ravi de savoir qu’il va boire des coups au Flore, qu’il s’est fait dessiner un tatouage moche par Ed Sheeran et qu’il le regrette, qu’il aime les vieilles dames, qu’il est sorti avec Taylor Frigide Swift, qu’il adore le film Love Actually (mais qu’il déteste les olives), qu’il suit le philosophe Alain de Botton sur Twitter, que ses légendes Instagram sont un fou rire, qu’il aime Elton John et Shania Twain, et qu’il ne quitte plus son bandeau de prof d’arts plastiques lesbienne.

 

Harry et son bandeau de prof lesbienne au stade de France le 21 juin 2014.

 

Épilogue

Harry, un ami qui vous veut du bien.

 

Oui, notre aventure s’apparente à une scène de The Bling Ring, non je ne suis pas folle, oui les One Direction, c’est bien (ou du moins, c’est pas pire que David Guetta), et oui, Harry aura une carrière solo crédible (regardez Justin Timberlake). Et oui, dès que je pourrai retourner les voir, je le ferai. Et oui, rencontrer Harry Styles a supplanté mon rêve de rencontrer Céline Dion.

 

 

Anaïs D. // Crédits photo : Anaïs D., BrokenVideo, fan2.fr, Getty, biebsftidols.deviantart.com.