381070.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxThe Big Short, c’est la crise des subprimes pour les nuls. Le film raconte comment des individus isolés ont vu la catastrophe arriver avant tout le monde et ont décidé d’en profiter. Il pointe la finance comme la cause et le principal bénéficiaire de cette crise, au détriment du peuple, sans que les responsables ne soient jamais inquiétés. L’histoire d’une tragédie annoncée qui semble devoir se reproduire encore et encore avec une triste ironie.
On doit ce pamphlet pédagogique à Adam McKay, qui auparavant était connu pour réaliser des comédies franches où Will Ferrell jouait de la flûte traversière. Ce n’est pas forcément le premier réalisateur auquel on aurait pensé pour faire un film sur la crise des subprimes, même si en se penchant vraiment sur sa carrière, on se rend compte que la question politique l’a toujours intéressé. Quoi qu’il en soit, il est jusqu’ici l’auteur du plus bel effort d’explication de la crise de 2008.

Pour rendre le jargon et les astuces de la finance/magouille clairs et nous tenir en alerte, le film emprunte à la technique du documentaire, brise sans cesse le 4ème mur et fait appel à des personnalités telles que Margot Robbie ou Selena Gomez. Extérieures à l’histoire, elles jouent leur propre rôle dans des intermèdes destinés à vulgariser des concepts anti-sexy à la base. Au-delà du décalage humoristique, il est évident que rendre la crise économique compréhensible par tous et démystifier le monde de la finance est un geste politique. Au final, The Big Short n’est donc pas vraiment une comédie, mais une sorte de tragi-comédie à dimension documentaire (et sûrement un casse-tête pour les gens du marketing qui ont dû sortir le film). 
385440.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxLe film de François Ruffin, qui dirige le journal Fakir, avait déjà dépassé les 220 000 entrées début avril. Un miracle pour un documentaire dont le budget annoncé s’élève à seulement 150 000 euros. Paradoxalement, ce film anti-capitaliste va devenir l’un des plus rentables de l’année.
Difficile de raconter l’histoire sans spoiler. François Ruffin y monte une machination aussi diabolique que drôle pour piéger Bernard Arnault et ses proches collaborateurs en sauvant de la ruine totale un couple de Ch'tis indirectement licenciés par LVMH, et pousse ainsi les deux laissés-pour-compte à la révolte.

Cette revanche de la France d’en-bas, téléguidée par Ruffin, doit autant à Robin des bois qu’à Jean-Yves Lafesse et Michael Moore. Aucun pathos dans ce film. Sa force tient à son dispositif de mise en scène : réalisateur partie prenante, incarnant un personnage ironiquement attaché à démontrer que Bernard Arnault est un type bien, caméras cachées et micros planqués dans des bibelots. Bien sûr, comme toujours dans ce genre de films, l’efficacité du propos doit également beaucoup au montage. Et il ne serait pas étonnant que quelques simplifications aient eu lieu à droite ou à gauche.
Au delà de la dimension critique, alors qu’il se déploie, ce documentaire acquiert une véritable dimension cinématographique, navigant entre comédie, suspense, western et film d’auteur. Mais ce qui est fou avec Merci Patron !, c’est que le film agit de manière tangible sur la réalité. A mesure qu’il se fait, il change le destin du couple de Ch'tis en détresse et constitue alors une comédie documentaire performative, au-delà de la salle de cinéma. 
306648.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxAvec ce nouvel opus, Sacha Baron Cohen s’éloigne de son concept habituel. Cette fois il ne crée plus un personnage fictif  qu’il plonge de manière provocatrice dans nos sociétés pour faire ressortir notre bêtise commune.
Grimsby, c’est une comédie avec une «vraie» histoire - celle d’un plouc anglais qui, après des années, retrouve son petit frère perdu de vue et devenu le meilleur agent du MI6. Ensemble ils vont devoir déjouer un complot international dans une aventure qui tient autant du film d’espionnage que de la blague scato.

Mais Grimsby, c’est avant tout du rire outrancier à foison avec des scènes incroyables de mauvais goût et de provoc'. Si c’est votre tasse de thé, vous allez pleurer de rire, sinon vous risquez de vous sentir un peu mal. Au-delà de cette subversion, il s’agit aussi d’un film d’action réalisé par Louis Letterier (Le Transporteur) qui montre un bouffon venu du trou du cul de l’Angleterre pour se battre, à coups de chope de bière sur la tête et de gags en dessous de la ceinture, contre une élite qui veut supprimer tous les pauvres du monde. Avec au passage deux ou trois vannes en direction de Donald Trump qui l’a bien cherché.