D’aussi loin que je me souvienne, chaque écoute du morceau My Last Request m’a toujours procuré la même sensation aboutie de plaisir simple accompagnée de cette pointe de supériorité que procurent les bons gros morceaux de rap violent. La première fois, j’avais seize ans, presque quinze - je m’en souviens, c’était dans le bus pour aller au lycée. Le fond de banlieue nous servait de décor, et nous partagions dans nos écouteurs quelque musique téléchargée, sans nous rendre compte que quelques années plus tard, le téléchargement serait devenu caduc et que l’iPod, tout comme les amis avec qui on se le partageait dans le bus, finiraient par disparaître. 
Ce jour-là dans le transport scolaire, mon pote m’a demandé si j’avais vu Human Traffic. Moi j’ai dit que non, alors il m’a dit «écoute ça» en tendant le bout de cordon relié au baladeur déjà bien moderne (il était gosse de riches) qui affichait sur un écran gris le nom de l’artiste, de l’album, du morceau joué. «C’est My Last Request de Grim The Itchy Trigger Finger Niggas, et c’est dans la B.O. de Human Traffic Et j’ai écouté.

Soudain.

Un groove brutal avait été posé là, sur l’instru la plus squelettique, la plus sèche du monde ; 3 minutes et 2 secondes de baragouin grogné rebondissaient sans répit sur 1) un inarrêtable marteau-piqueur qui composait l’essentiel du bruit de fond, 2) une percussion taillée avec la grâce d’un nerf de bœuf, et 3) une ligne de basse plus simple que le règlement de chat perché ré-écrit par des trisomiques. Et quelques effets. C’est tout. Ça et, au-dessus, un rappeur aussi excité qu’inconnu, pour poser une voix rocailleuse (glaireuse en réalité) et braillarde qui tenait tout le morceau, de son premier souffle à son dernier couplet. Sur une partition pourrie de MPC en pleine désolation, cette voix générait d’elle-même toute la chaloupe du groove, toute la structure d’une histoire et toute la puissance d’un… Toute la puissance.
Comment un titre pouvait-il être aussi sec et aussi envoûtant ? J’y connaissais déjà pas grand-chose, mais là, ça éludait toutes les idées qu’un gamin de 15-16 ans pouvait se faire du rap, à une époque où Diam’s battait le record des meilleures ventes de disques nationales... Le morceau s’appelait My Last Request. Le groupe, Grim The Itchy Trigger Finger Niggas, et c’était décidé, j’allais m’y mettre : une nouvelle voie s’ouvrait à moi. Je réservai l’ordinateur dès mon retour de cours. Il fallait que je trouve ce truc. J’allais le trouver, et j’allais me goinfrer de rap téléchargé. Je démarrai Kazaa, Emule, toute ma batterie de logiciels P2P. Problème : rien n’en ressortait. Google ne lâchait rien non plus. Hors si on réfléchit en homme moderne, si ça n’est pas sur Internet, c’est que ça n’existe pas, n’est-ce pas ? Grim The Itchy n’existait pas ? 

 

TRAFIC HUMAIN

J’ai nettement plus facilement téléchargé Human Traffic qui, pour résumer à ceux qui n’ont pas eu le privilège des conseils ciné du cercle des bédaveurs de la récré, déroule le weekend typique d’une jeunesse britannique qui ne s’amuse qu’en prenant des drogues. Nos personnages sont cinq copains un peu clichés (on y découvre John Simm en premier rôle) qui gobent des produits pendant la première moitié du film en nous faisant la visite guidée des meilleurs clubs du pays - La Haçienda y est présentée par son nom –, puis ils redescendent le long de la deuxième partie. Une histoire de dope récréative pour tromper l’ennui en middle class. OK, ça paraît léger, mais il faut l’imaginer imprimé sur la rétine d’un adolescent puceau du dancefloor qui n’a pas encore choisi entre la filière ES ou L. Voilà qui présentait pour une âme un peu influençable une alternative forte et artificielle toute valable sur une bande originale à base de CJ Bolland, Primal Scream ou encore Felix da Housecat (sous le nom Thee Maddkatt Courtship à l’époque). Plus convaincant pour moi encore à l’époque : Fatboy Slim (inévitable), Underworld (bah oui), Death In Vegas aussi, Public Enemy, Durango, Carl Cox ou un Armand Van Helden très Sinclar période Champs-Élysées… Par sa B.O., le film semblait me parler directement pour me dire : «bienvenue dans la techno, petit teenager de ES» (j’avais finalement choisi).

Sorti en 1999, Human Traffic est le seul film connu de son réalisateur et scénariste Justin Kerrigan. Il a sorti un deuxième long métrage, I Know You Know en 2008, puis plus rien ; il doit être le seul réalisateur d’un film culte avec une bio de deux lignes sur Wikipédia et il restera, s’il ne se bouge pas le cul, le réalisateur d’un unique film générationnel sur la culture drogue. Human Traffic sort durant l’été 1999, son budget est bouclé avec 5 000 livres de subventions, 25 000 livres gagnées à un festival de courts-métrages, et le producteur trouve le reste à droite à gauche, notamment en organisant une fiesta au festival de Cannes. Un petit budget. Environ 340 000 livres au total pour faire l’apologie des drogues synthétiques, de la fête et des clubs anglais. 
Il paraît que l’idée de Kerrigan au départ est de faire un film sur sa vie à lui, ses teufs avec ses 48 hour party people à lui (John Simm jouera d’ailleurs trois ans plus tard dans 24 Hour Party People, il campera un Bernard Sumner un peu falot, alors que dans Human Traffic, c’est le fils d’une prostituée qui exerce à la maison… niveau réalisme ça taille un peu large, mais on s’y retrouve). Cette question de représenter une génération et sa culture est donc consciente, et l’auteur montre une jeunesse désabusée, sans révolution, perdue, attendant le bug de l’an 2000 en prodant. Pas besoin d’en rajouter, car la scène du club résume en un dialogue ce conflit des dernières générations : «putain c’était pas comme ça avant, on était ouvert d’esprit», dit un raveur sur le retour. «Ouais, c’est comme si s’asseoir à côté d’un inconnu et engager la conversation était devenu un putain de cliché», lui répond l’ancienne raveuse qui engage la conversation en s’asseyant à ses côtés. «Putain, c’était pas comme ça avant…» C’était mieux avant ? C’était mieux avant qu’on se demande si c’était mieux avant ? Faux débat certifié official depuis 1995, c’est ce qui fait notre génération. 

 

THE ITCHY TRIGGER FINGER NIGGAS

On a le club, on a les taz. Il faut la garantie sur facture de s’éclater. Alors que manque-t-il ? La musique : il faut blinder la bande-son, et Kerrigan ne va pas lésiner là-dessus. Mieux, il s’en servira comme d’un élément dont les personnages sont conscients. Le commentaire sur ce film laissé par ce YouTubeur nous explique ainsi que la plupart des musiques sont intra-diégétiques, elles font parties de l’histoire et les personnages les entendent et les écoutent en même temps que nous. Dans une voiture, un club ou une fête… seuls le thème et quelques pistes seront utilisés en extra-diégétique, comme dans la plupart des films, c’est-à-dire détachés de ce que l’on voit. 
La scène qui amène le morceau My Last Request n’est pas plus réaliste ou moins marrante que le reste, mais contrairement à tous les autres morceaux, celui-ci est annoncé. La scène se déroule dans la boutique de l’un des cinq protagonistes, Koop, qui joue un disquaire. Un client à bonnet rentre : 

«- Je veux du rap. Mais rien à foutre de ta côte Ouest, je veux du rap hardcore de la côte Est. 
- OK OK, répond Koop, j’ai ce truc. C’est fait par des crackheads en prison qui attendent de se faire exécuter. Ils sont dans le couloir de la mort et ils se sont appelés les Itchy Trigger Finger Niggas. […] C’est 20 pounds. Et ouais, mec : le prix d’un disque de hip-hop augmente quand les gangsters se font coffrer !» 

Les deux mecs écoutent un extrait et font la vente. C’était donc les «négros à la gâchette facile», un nom inventée pour les besoins du scénario bien sûr. Suite à quoi Justin Kerrigan lui-même joue un client en recherche de jungle, ce con. La bande-son crédite le groupe comme étant «Grim The Itchy Trigger Finger Niggas». La putain de question est : pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas donné les bonnes infos dans les crédits ? Cette question est restée en suspens presque dix ans. 

 

IT’S ALL GONE PETE TONG

Et puis j’ai rouvert le dossier. La bande originale serait signée Carl Cox d’après certaines sources… Mauvaise piste. Si l'on en croit Discogs, c’est le DJ Pete Tong le grand architecte de cet O.S.T. sorti chez London Records. En a-t-il été le selector ? La réponse est oui. Il y a quelques mois, j’ai contacté Pete, toujours dans le but de retrouver «Grim The Itchy» et voici ce qu’il m’a livré : «bien sûr que j’étais le music supervisor sur ce projet. J’étais même impliqué dans le label qui sortait le disque. Justin Kerrigan est venu me voir avec un choix provisoire de morceaux - choix d’autant plus provisoire qu’il était impossible pour des questions de droit – et nous avons travaillé la sélection ensemble». 

Pete Tong rend ainsi à l’époque une copie qui n’est absolument pas «scolaire» en faisant des mélanges de genres parfois à l’intérieur d’une même scène. On passait vraiment de Armand van Helden à Frank'ee, en boîte ? «C’est exactement ça, répond le DJ. Je suis très content d’avoir pu travailler comme ça car à cette époque le week-end, quand on avait dans la vingtaine d’années et qu’on vivait hors des très grandes villes comme Londres ou Manchester, c’était vraiment cette ambiance-là [le film se déroule entre Cardiff et sa banlieue, ndla].» Capturer l’époque, Kerrigan le fait à l’image, Pete Tong aux platines… Quitte à capturer une track du «rappeur inconnu». Quand j’aborde avec lui la question de Grim, Pete Tong n’est pas précis ; il se souvient qu’«à la base, [ils] voulaient quelque chose comme le Wu ou un morceau d’Ol' Dirty Bastard. Justin Kerrigan voulait que ça soit crasseux et hardcore pour sa scène du disquaire. Je pense que Tim Westwood [DJ et présentateur de Pimp My Ride UK, ndla] me l’a recommandé. Mais pour être honnête, c’est peut-être une idée du réalisateur…» En fait, même le sélecteur de la musique du film ne sait pas qui est ce crasseux rappeur hardcore qui enflamme la scène du disquaire. Alors qui ? 

Franchement, difficile de trouver qui mieux que Pete Tong aurait pu me renseigner. Sans compter que label de la B.O. avait été racheté, intégré, dilué - bref, envolé : personne de l’ancienne maison de disque ne répondait à mes appels. Les ingénieurs référencés sur le projet ? Zéro réponse. Le mec du mix ? Nada. Face à cet insondable problème, j’ai listé quelques hypothèses : 

  • - MF Grimm : naaaaaan, trop jazzy pour l’instru et trop gros pour passer inaperçu.
  • - Grim Reaperz («les faucilles») : non.
  • - Grimm : non plus. 
  • - Grimes : n’existait pas encore. 

Sur la voix, il fallait reconnaître que notre rappeur mettait le paquet : on ressentait bien qu’un timbre qui n’était pas donné à tout le monde, bourré de graves, lui avait été pourvu à lui. Des amis plus renseignés me faisaient une liste de suggestions, allant de M.O.P. à Onyx en passant par un certain Nine. Je comparai les plus proches, sans trop croire à la piste des groupes énormes. Ça pouvait ressembler à du Nine. Nine, 9MM ou Derrick Keyes de son vrai nom est un rappeur du Bronx à la voix lourde et aux rimes crasseuses dont le deuxième album, Cloud 9, était sorti en 1996. Sur le disque, la proximité vocale est confondante. Dans les dates ça collait. Je lui écrivis. Sans réponse pendant des mois - et un jour, un inbox. «Je ne sais pas qui c’est, m’avouait le rappeur, mais c’est quelqu’un qui fait sa meilleure imitation de moi.» Encore une tentative tombée à l’eau. D’autres numéros à Londres. Rien… 

 

YOUTUBE, ALPHA ROMEO, LES ALL SAINTS

quentin k, il y a 3 ans : has this guy made other songs?? can't find

ThaDoggPound84, il y a 2 ans : Does someone know something about these guys ?? Who is Grim ?

Mr StrangeCake, il y a 1 an : Is this guy still in prison or just dead ? I can't find nothing on him on internet...

(Commentateurs YouTube)


Si on le considère dans son ensemble, Internet n’offre quasiment que des réponses à des questions qui n’existent pas encore, mais parfois, il arrive qu’une solution émerge et satisfasse d’un seul coup plusieurs personnes en demande. Ça été le cas il y a un an avec un commentaire YouTube, sous la sobrement postée vidéo de Grim – My Last Request. Le signataire dudit commentaire postait sous le pseudonyme d’alpha romeo. Il écrivait : «ce groupe est Structure Rize, un groupe de Brixton du milieu des 90's. Écoutez Structure Rize - Da Jonezez (7" Version) pour entendre un de leurs morceaux avec un son similaire. Le producteur est Mike Hamilton (aka Pretty Penny). » 

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Par un miraculeux comm', alpha romeo dénouait tout ce bordel. 

«Il semblerait que le groupe devait sortir un album mais pour une raison inconnue, ils ne l’ont jamais fait et ils ont fini par disparaître de la circulation. C’est triste, tellement ce morceau est d’un niveau de guedin. Le rappeur est Grim, et il pourrait bien y avoir une seconde voix sur ce morceau, peut-être le rappeur Everes. Grim, aka D. Grim aka Dorian Grimm aka D. Grimm, c’est assez flou (son vrai nom pourrait être Dorian Douglas ou Dorrian Douglas). Si c’est bien ce type, D. Grimm a sorti bien plus tard - vers 2012 - deux albums uniquement en ligne, Portrait of Dorian Grimm et The Itinerary ; or sans les productions de Mike Hamilton qui envoient du steak, les morceaux n’y sont pas de la même trempe que My Last Request.» Je n’ai jamais été aussi d’accord et reconnaissant envers alpha romeo que ce jour où je l’ai lu. Bien sûr, il employait le conditionnel, et bien entendu, il demeurait injoignable. Mais il jetait en quelques lignes bien plus d’indices que mes mails aux rappeurs, mes coups de fil à des lignes fermées et Pete Tong réunis. 

Structure Rize, Da Jonezez. C’était assez pour retrouver la trace d’un label. À l’époque, c’est une division d’Universal qui met une licence sur Structure Rize, et c’est là qu’entre en scène Thad Baron, le gars qui les signe. Thad Baron est un twittos, je n’ai pas eu de mal à le trouver. DJ à Londres, vendeur de vinyles, Thad Baron était dans les années 90 un passeur de black music. Ce qui profite à certains de ses amis, notamment un certain Simon Aldridge, manager du label ZTT. Le personnage doit être mentionné car il signe au milieu des années 90 un single du nom de Silver Shadow, par un girls band qui n’est encore composé que de deux girls mais qui s’appelle déjà les All Saints. 51 000 vues sur ce premier clip. À l’époque, Aldridge demande à Thad de passer le disque des All Saints à tous les gars du milieu. C’est comme ça que commence la carrière des All Saints, et aussi comme ça que Thad Baron, en serrant des mains et en passant des disques, obtient un job chez Universal. Il devient tête chercheuse de groupes. 

«J’étais embauché pour dénicher des jeunes talents en musiques urbaines, explique Thad Baron, et je connaissais Mike Hamilton, le manager et producteur de Structure Rize, depuis que j’étais disquaire. Nous étions restés en contact. Mike Hamilton était le beatmaker, les rappeurs D. Grimm et Everess venaient de New-York et Reids était de Brixton. Quand Everess et Grimm se sont installés à Londres, la formation Structure Rize était au complet.» Les quatre hommes mettent un pied dans la major, produisent une poignée d’EP's et disposent de l’exposition médiatique réservée à la black music, soit une minuscule fenêtre, qu’ils tentent d’exploiter avec un clip que je ne trouve plus aujourd’hui. Carrière express. La suite est le coup classique. Un jour, Baron est remplacé. Les groupes qu’il avait signés partent comme lui. Reids, membre du groupe, décède des suites d’un lupus. Fin de Structure Rize. 

 

DÉNOUEMENT

Et le morceau My Last Request ? «Le département synchro avait envoyé beaucoup de morceaux, et c’est le morceau de Grim qui a été choisi.» Mais ont-il fait l’album ? Le morceau a-t-il été écrit pour le film ? Comment ? Pourquoi ? Les questions sont évacuées par Thad Baron, qui me passe le contact de : Grim. Récente, la suite m’est arrivée par mail, lapidaire. C’était Dorian Grimm qui m’écrivait.

«Salut, concernant ta question, j’ai pu faire ce morceau parce que Structure Rize s’était dissout et que j’étais toujours rappeur. Mike Hamilton et d’autres producteurs produisaient des morceaux, et j’achetais des prods. Pete Tong cherchait de la musique et j’ai demandé si je pouvais proposer quelque chose. J’avais appris des bases de beatmaker et Mike m’aidait sur la prod', alors j’ai récupéré le texte de la scène et j’ai écrit un morceau qui collait. Pour le style, je dois cela à NYC ; d’où je venais, on rappait comme ça.»

Une situation, une opportunité, et My Last Request naissait des cendres d’un groupe et se retrouvait catapulté sous un nom d’emprunt au service du scénario du film de Kerrigan, sous la direction de Pete Tong. «Le groupe» Grim The Itchy Trigger Finger Niggas ne sortira bien évidemment jamais d'autre morceau. 

Après quoi, Grim / D. Grimm / Dorian Grimm produira en solo des morceaux moins radicaux. En 2012, l’album The Portrait of Dorian Grimm donc, uniquement disponible sur internet. Puis une participation à la B.O. de Street Dance 3D, entre autres mixtapes et acoquinements variés (avec Ryz Hope ci-dessous). «J’ai aussi fait un EP compilation, The Valley of the Kings. Je finis un volume 2, Law of The Kings. Quoi d’autres pour 2016 ? Produire plus.» Dorian Grimm n’a pas encore énoncé ses dernières volontés. 

Quant à My Last Request, morceau aussi simplet que génial, autant mystérieux qu’anecdotique, pourquoi n’a-t-il pas fait démarrer pour D. Grimm une carrière solo spécialement hardcore puisqu’il démontrait qu’il maîtrisait le genre sur le bout des doigts ? Est-ce qu’être crédité correctement au générique aurait changé la donne pour lui ? Quelle est la vraie valeur de cette track ? Les experts diront que ce n’est qu’une madeleine de Proust. Je préfère penser que c’est un tube inconnu. 



 «Et ouais, mec : le prix d’un disque de hip-hop augmente quand les gangsters se font coffrer !»