6. Le rédacteur en fesses
Le rédacteur en fesses adore ton style. Sans déconner, il trouve que tu es vraiment un concentré de fraîcheur, avec tes angles généreux et la façon que tu as de t'adresser à la première personne. Il adore ce que tu écris sous les photos sur ton weblog - lui il appelle ça « légender », à cause de sa carte de presse. Allez, il te repaye un shot de Jäger parce qu'il y a vraiment trop moyen que tu piges dans les pages culture de son mag un jour. D'ailleurs il faudrait que tu passes à la maison pour mater d'anciens numéros, sans vouloir t'effeuiller hein. « T'effeuiller/ tes feuillets » : tu vois c'est cet humour tactac qu'on cherche au mag. Tu as trop le profil, surtout le droit. Et puis si ça se trouve le rédacteur en fesses aimera aussi ton style littéraire.
 
7. Le sous-cultivé
Pour le sous-cultivé, il n'y a pas de sous-culture. Il a toutes les figurines de Star Wars, rangées par ordre d'importance dans le scénario original (pas celui réécrit par George Lucas) - enfin pas les Ewoks évidemment, ça c'était du marketing pour les gosses. Si tu veux, il t'échange son Jabba the Hut + Leia prisonnière (import US, état mint), tout le monde l'a celle -à. Le sous-cultivé connaît par coeur le casting entier du Lagon Bleu II, mais n'est pas toujours d'accord avec les choix d'extraits de Nanarland.com. En ce moment il est charrette : il faut qu'il relève toutes les erreurs dans le remake ridicule du Prisonnier. Comme Tarantino, il bosse dans un vidéo-club, mais lui au moins il ne s'est pas vendu aux Majors après. Quand il sort In Real Life, il aime débattre avec ses amis pointus : Le Matin des Magiciens ? Chef-d'oeuvre. Karaté Kid ? Chef-d'oeuvre (sauf la fin, ridicule). Bo Derek ? MILF ! Chef-d'oeuvre. Au fait avec tout ça, il n'a pas baisé depuis le festival d'Avoriaz 1993, la fameuse année où Brain Dead a eu le grand Prix. Chef-d'oeuvre.
 
8. Le sélectortionnaire
Ne comptez pas sur le sélectortionnaire pour être démago : si les gens veulent écouter la musique qu'ils aiment déjà, ils ont qu'à rester chez l'habitant. Lui toute façon, deejay, c'est pas son vrai taff, on l'appelle juste parce qu'il a des goûts über crossover. Et puis laisse tomber, le DJing c'était jadis : pourquoi se faire chier à trimballer une cagette de microsillons qui pèsent une tonne, alors qu'il peut mettre mille fois plus de onss dans sa clé USB Mimibot top kawaï ? H.I.P H.O.P, Dee Nasty, les Championnats du Monde de Platinisme, tout ça c'était pour ton papa en 83. Non, pour foutre le feu au Café Précieux, rien de mieux qu'un petit Young Marble Giant, un Can de 17 minutes ou un John Carpenter période Assault on Precinct 13. Et puis hors de question que ses 200 euros de ce soir servent à faire danser les gogos, on n'est pas dans une boîte de zouk.
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9. Le DAdorant
Le DAdorant est un D.A. dans le vent, contrairement à sa mèche collée sur son front. Entre Antoine et Johnny, il a choisi : cheveux longs, idées longues. La mode des groupes français qui chantent en anglais à Paris ? C'est lui. Le duo baïle funk Kakakaki & The Oyster ? Toujours lui. Jena Lee ? Il aurait bien aimé  -  c'est un pote à lui d'Universal qui l'a fait, il se gave en ce moment le salopard. Il a bien raison. Toute façon y en a marre de l'aversion à la réussite en France. Guetta ? Visionnaire les gars. Comme le DAdorant a une idée à la seconde, il a pas toujours le temps de soigner son look, ni de se laver. Du coup les gens le confondent souvent avec Gaston, du groupe Injustice. Ça aide pour certains deal. Seul souci du DAdorant : il a peur de pas durer 24 heures.
 
10. La canonne
Comme les bonnes soeurs, la canonne est bonne. Mais attention au quiproquo : d'accord elle arrête pas de faire sa mignonne coquine sur son profil duckFacebook. Mais attention gros dégoûtant : ses photos en minishort - camel toe c'est juste pour exprimer sa féminité et faire rire les copines, pas pour égoutter ta nouille. Sa perle rose, c'est précieux, et elle va pas la brader en boîte au premier crassard venu. Elle aime le vrai amour, celui qui est absolu, comme dans Aurélien, qu'elle a lu en prépa HEC. Elle trouve que notre époque cynique en aurait bien besoin d'amour d'ailleurs. La canonne a des principes et des croyances. C'est pas qu'elle soit vraiment catho - elle aime bien les homos - mais au fond Jésus parlait surtout d'amour dans la Bible, si c'est vraiment lui qui l'a écrite. C'est juste dommage qu'ils en aient fait une religion après. L'Inquisition c'est fini, et le mariage ça redevient tendance, ils l'ont dit dans Be.
 
11. Le barbanpapa
Sa fille s'appelle Camille. Si ç'avait été un garçon aussi d'ailleurs. Son bout'chou à lui, c'est déjà une personne, so cute avec ses mini-Nike et son mini T-shirt AC/DC. Il est sa raison de vivre et de se coucher tôt. Une chose est sûre : il ne sera jamais comme son père lui, avec son sacro-saint principe d'Autorité, et sa réticence envers l'argent pour les moins de 6 ans. Papa oui, mais sûrement pas à la papa. Du coup il emmène souvent ses enfants au bar, pour montrer sa décontraction. Le dernier bouquin qu'il a lu ? Caca prout de Françoise Joubert, une relecture pop des rapports entre pédiatrie et psychanalyse, mais en BD. Son dernier film ? Tchoupi et la chaussure qui parle, un 3D vachement bien, sauf la fin, un peu attendue pour les grands. Dès qu'il aura deux secondes entre deux machines, il ira voir direct le film thaïlandais qui a eu la Palme d'or cette année, il paraît que c'est bien pour les gosses aussi.  
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12. Le dandifféré
Le Palace, le Sept, le Rose Bonbon, tout ça, il avait 8 ans, mais c'était quand même quelque chose. Aujourd'hui, la nuit, c'est plus qu'un bastion de suivistes décérébrés qui se bourrent la gueule aux frais des marques de smartphones. Pacadis ? un génie, malgré l'odeur. A l'époque, on savait vivre sa décadence avec flamboyance, finir dans le caniveau et en tirer un papier dans Libé. En plus, les frontières entre les genres étaient floues et les gens savaient se mélanger, c'était magique, le dandifféré s'en souvient bien. Avec sa meuf, ils ont posé pour les pubs the Kooples, qui représente bien cet esprit canaille qui manque tellement à l'époque. En plus ils ont eu des fringues gratos. Le présent ne sied pas au dandifféré : il vit au passé simplifié ou au futur intérieur. Souvent, il s'ennuie, mais il se dit que ses Beatles boots et son petit foulard en soie auront sûrement de la gueule, dans quelques années. Du coup il se prend en photo. Tiens ce matin il a croisé Jenny Bel Air au café, il voulait trop aller parler avec elle, mais il avait pas sa solution hydro-alcoolique. C'est pas grave, il repassera hier.
 


Cyril 2Real, avec Valentine Faure // Photo: (c) Marco Dos Santos.
 
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