Not sure if.

Pourquoi les serveurs font-ils tous (ou presque) des cauchemars récurrents sur leur boulot ?

Jeudi 16 janvier 2020

waitmare

“Je suis dans un restaurant plein à craquer et je suis le seul serveur présent. Toutes les tables me hurlent dessus parce que les commandes mettent trop de temps à arriver. Après une attente qui me semble interminable, le cuisinier m’envoie d’un coup les assiettes de toute la salle. Tous les plats sont identiques : il s’agit d’ailerons de poulet frits. Je parviens à donner à chaque client son plat. Alors que je m’arrête pour reprendre mon souffle, tous mordent dans leur nourriture en même temps. Et là, du sang commence à jaillir des morceaux de volaille. Les gens crient, l’hémoglobine se répand sur le sol, c’est un carnage. Je retourne frénétiquement vers la cuisine, supplie l’équipe de les cuire plus longtemps. Le chef commence à rire et me dit : ‘impossible, ils mijotent déjà depuis deux heures et rien n’y fait, ils sont toujours aussi saignants’. À ce moment-là, je me réveille en sursaut...”

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Par Bettina Forderer


Aux origines de la planche Ouija

Mercredi 15 janvier 2020

ouijaOuija House, The Ouija Experiment, Ouija : les origines... Les films qui s'appuient sur l'aura mystique de la planche en bois pour rameuter du monde dans les salles obscures sont légion. Pourtant, à l'instar de Velux, Caddie, Mobylette ou Scotch, le mot Ouija est en réalité une marque déposée, passée depuis quelques décennies dans le langage courant, et non une transcription phonétique d’un terme en sanskrit. 

Pour comprendre l’omniprésence du nom de la marque dans les longs-métrages d’horreur, il faut remonter à la fin du XIXème siècle, aux États-Unis. Nous sommes en 1891, soit seulement 26 ans après la fin de la Guerre de Sécession. Les nombreuses pertes humaines subies au cours du conflit ont contribué au développement de la philosophie spiritualiste au sein de la population américaine, un mouvement dont les adeptes croient (dans les grandes lignes) en la survivance de l’esprit dans l’au-delà. Certains journaux comme The Banner of Lights font même leur beurre grâce à la publication de petites annonces adressées aux vivants de la part des défunts, tandis qu’une poignée de voyants ont pignon sur rue. elijah

La pierre tombale d'Elijah Bond. 

C’est dans ce contexte qu’Elijah Bond et Charles Kennard, deux entrepreneurs, créent le premier prototype de planche divinatoire, inspirée des traditions ancestrales d’autres pays et des techniques élaborées par les médiums américains pour dialoguer avec les morts. Tout y est déjà : le petit curseur mobile appelé “planchette”, les inscriptions “yes” et “no” de chaque côté de l’objet, l’alphabet… Ils déposent un brevet pour leur création, mais décident de ne pas la commercialiser. Ils lui donnent néanmoins le nom de planche “Ouija”, vraisemblablement parce qu’il s’agit de la juxtaposition du mot “oui”, en français et en allemand (“ja”). En effet, chaque séance de spiritisme s’ouvre traditionnellement avec la question “Esprit es-tu là ?”, qui sollicite un acquiescement de la part de l’interlocuteur ectoplasmique. 

Mais en 1892, leur société met la clef sous la porte et les frères Fuld, deux de leurs employés flairant le bon filon, décident de se lancer dans la production de planches Ouija. Pourtant, rapidement, William Fuld décide d’acquérir seul les droits et le nom de l’invention histoire d’évincer son frère Isaac. Afin de bénéficier d’abattements fiscaux que notre connaissance en droit du patrimoine américain ne nous permet pas de détailler ici, il décide aussi de la vendre comme un simple jeu pour enfants. Mais c’est sans compter sur les cercles spirites, qui fleurissent un peu partout outre-Atlantique dans les années 1920, et s’emparent de l’objet. 

williamfuld

William Fuld utilisant la planche en 1940. 

Le succès est au rendez-vous et William Fuld prend donc deux décisions majeures, qui permettent d’expliquer le quasi-monopole actuel de sa marque dans le domaine des accessoires occultes. D’abord, tout miser sur l’étrangeté et offrir à son best-seller une origine lointaine, vaguement orientalisante. Il reprend donc à son compte une anecdote de Kennard qui prétendait que le mot “ouija” lui avait été dicté par la planche elle-même lors d’une séance, et qu’il signifiait “bonne fortune” en égyptien ancien. Ensuite, éliminer méthodiquement la concurrence. Il dégaine donc des copyrights à tire-larigot et s’assure de déposer les expressions “planche de la chance hindoue” et “planche de la chance égyptienne”, afin que son argumentaire marketing (et accessoirement un poil raciste) ne puisse pas être recyclé par un adversaire.  

Débarrassée de la compétition, la marque imposa alors sa légende dans le domaine du paranormal à la sauce ricaine. Et c’est pour cette raison que les personnages de films d’épouvante ne peuvent aujourd'hui s’empêcher de trébucher sur une planche Ouija maléfique, à chaque fois qu’ils chinent des meubles dans un vide-grenier ou qu’ils passent un weekend chez leur grand-mère. 

Pour les anglophones désireux d'en savoir plus, voici une petite vidéo complémentaire : 

(Source, source)

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Par Oriane Olivier



Jeunes Qui Poussent – Spécial génération désenchantée

Mercredi 15 janvier 2020

TOKiMONSTA

Des Russes qui font mine de jouer les immenses branleurs pour effrayer le reste de l’Europe avec leur «messe théâtrale», une proche d’Anderson .Paak qui pourrait bien toucher le jackpot avec son électronica atmosphérique, deux Belges qui font de leur production un vaste refuge pour les flous artistiques, un Rennais dont le minimalisme pop et la promesse de Jolies choses sauvent de la chute en avant, ou encore une Marocaine produite par Para One et prête à faire chialer les cœurs perdus : aucun doute, Brain a raison de faire confiance à cette nouvelle génération, mélancolique sur les bords, mais rarement aussi captivante que lorsqu’elle se montre très fâchée avec les compromis, la raison et les calibrages.

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Par Maxime Delcourt

Il existe à présent un musée de la gueule de bois

Mardi 14 janvier 2020

En Croatie, à Zagreb, un musée d’un genre bien particulier vient d’ouvrir ses portes : le Museum of Hangovers, ou Musée de la gueule de bois dans la langue de Depardieu (qui y connait quelque chose, en lendemains de cuite). Que peut-on y trouver ? Des cendriers pleins de mégots de clopes, des bouteilles de pinard à moitié vide et des verres renversés ? Oui, mais pas que. Comme l’explique l’une des créatrice du lieu Roberta Dubokovic dans une vidéo de présentation, il s’agit de “rassembler au même endroit les objets avec lesquels les gens se sont réveillés et les histoires qui vont avec, pour que certains puissent s'identifier". Sur les murs, on trouve donc de nombreux récits de nuits de biture mémorables, comme l’histoire de ce type qui a présenté sa carte d’identité à son père devant la porte d’entrée de chez lui, persuadé qu’il s’agissait du videur d’un club à la mode. Les visiteurs du musée peuvent aussi chausser des lunettes simulant les effets de l’ivresse, et noter leurs propres déboires alcoolisés à la craie sur un tableau noir :


Pour en savoir plus sur le Musée de la cuite, ça se passe par .

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