Dildos / dildon’t.

Le temps, cette kryptonite dorée

Jeudi 25 novembre 2021

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Depuis qu’il a investi la planète Terre il y a près de sept ridicules millions d’années, l’humain a toujours essayé de tout contrôler. Ses semblables, d’abord, mais aussi les paysages, la vitesse, les énergies fossiles et nucléaires, les animaux (miskin les chihuahuas). Mais s’il y a bien une chose que ce sacré coquin d’Homo sapiens n’a toujours pas réussi à contrôler, c’est le temps (et non, la chirurgie esthétique et la crème de nuit anti-âge au mimosa de Constantinople n’y feront rien). De ce fait, on observe avec stupeur et amusement l’expression d’un profond désarroi de l’individu en mal de manipulation de sa timeline. Et comme être humain en souffrance = production d’œuvres musicales, on vous remémore certaines de ces créations qualitatives indispensables à la survie de notre chère race.

Léo Ferré – Avec le temps : sûrement un des sons les plus repris de l’histoire de la chanson française, avec pas moins de 82 artistes qui ont fait trembloter leur larynx pour creuser leurs joues bouffies de larmes de sang, tellement qu’avec le temps va, tout s’en va. Mention spéciale pour la version de Dalida en 1972 qui partage avec notre parolier en détresse le même déchirement viscéral d’un amour déchu.

Trei Degete – Time Time : quand on donne un défi au gourou tout puissant de Youtube, il le relève, mais avec triple sauce blanche-roumaine intérieur simili cuir svp. Comme quoi on peut tout avoir mais ne rêver que d’une seule chose : voyager à travers les siècles, déguisé en Eric Anzalone de Village People. L’humain, cet éternel insatisfait. 

Alain Chamfort - Le temps qui court : et finalement, après quelques années, le grand enfant que l’on n’est plus (stop les doudous, c’est glauque) se rend compte qu’il faut payer la taxe foncière, et les séances d’ostéopathie non remboursées par la mutuelle, et l’on aimerait que tout cela ne soit qu’un épisode effrayant de Princesse Sarah (même s’ils le sont tous, en fait) et se réveiller ainsi sous un ciel d’étoiles phosphorescentes dans une mezzanine Ikea. On est tous tellement matrixés que les BG d’Alliage l’ont repris 24 ans plus tard (pépite), et Les Enfoirés aussi.

Booba feat. Gato – Rolex : et puisque la vie nous a rendu plus orgueilleux, on ne peut que valider Booba quand il s’esclame : « on meurt jeunes, on meurt célèbres, criblés de balles, en Mercedes, bon qu’à faire de l’espèce » et c’est triste mais c’est ce qu’on est devenu, des michtos du temps qui passe, prêtes à tout pour oublier qu’on va crever, même à faire de la monnaie en utilisant nos faiblesses comme de pauvres perverses narcissiques automutilées que nous sommes. 
Est-ce qu’on peut dire que du coup, le temps, c’est de l’argent ? Si vous avez peur de courir après, vous pouvez toujours essayer de faire le mec serein comme Booba, bijou au poignet, et checker le prix d'une montre Rolex sur Chronext. Par exemple.

Par Vanille Delon

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Des peep shows aux sites de sex cam

Jeudi 29 juillet 2021

giphy (1)C’est quand même marrant de constater l’évolution vitesse grand V de l’industrie pornographique dans une société au caractère puritain comme la nôtre. À en écouter certains : personne ne se branle et les sites de cul c’est dégueulasse. Mais bande de fils de Pinocchio,  pas besoin d’être Keynes pour savoir qu’aucune activité ne se développe sans demande. Alors les adeptes du Cachez ce sein que je ne saurais voir, va falloir arrêter de nous prendre pour des billes. Si on est passé du peep show et des magazines PlayBoy à Pornhub et les sites de cam sexe, ça n’est pas par l’opération du St Esprit (Amen). 

Ce qu’on a tendance à oublier aujourd’hui lorsque que seule une page de navigation privée nous sépare des plaisirs de la masturbation, c’est qu’avant, c’était bien galère. Parce que l’imagination simple a vite saoulé tout le monde, le porno remonte à la nuit des temps. On retrouve des représentations d’actes sexuels jusqu’à la préhistoire. L’humanité savait à peine faire du feu qu’elle était déjà chaude comme la braise (sorry). Bon à l’époque, fallait quand même activer deux ou trois neurones pour se stimuler parce que ça ne tombait pas tout cru dans la bouche comme avec ce qu’on a de nos jours. Suffisait pas de cliquer sur un bouton pour se trouver devant une cam girl au chaud derrière son ordi. 

De tout temps, cette forme de voyeurisme a obsédé. Les peep shows qui sont les ancêtres des sites de sexe cam, remontent d’ailleurs à la fin du XIXe siècle à New York. L’idée de payer pour voir une femme performer derrière un écran ou une vitrine ne date pas d’hier. Madonna en parlait même dans son morceau Open Your Heart dans les années 80 (les futurs pro Trump en sueur). Mais avec l’arrivée d’internet, la donne a complètement changé. La diversité de contenu est sans limites, genre sur Jerkmate un bouillon de choix de type de corps, d’ethnicité, de couleurs de cheveux, de tailles de soutien-gorge, de tailles de pénis, de sexe. C’est pire que de choisir un film à regarder le soir sur Netflix, à quelle heure on se touche bon dieu ? 

Cette pratique du sexe cam s’est d’ailleurs largement intensifiée avec les confinements à répétition et la misère sexuelle qu’ils ont entrainée. Ava Moore, une cam girl exerçant cette activité depuis 5 ans témoignait même l’année dernière pendant le confinement qu’elle travaillait de 9h à 23h.  C’est vrai que cette alternative est plutôt pratique : elle évite l’angoisse du sex shop. Toute personne normalement constituée a déjà eu la petite boule au ventre avant d’entrer dans ce havre du sexe. Derrière un écran au moins, on ne risque pas de croiser notre boulanger préféré du quartier au rayon bondage. Après, pour les amateurs de vintage qui aiment prendre des risques et qui pensent que la technologie détruit l’authenticité de nos sensations, il existe encore quelques peep shows en France qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. 

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France & CBD : autorisé mais pas trop 

Mardi 01 juin 2021

giphyOn dépénalise, on dépénalise pas, on autorise, on autorise pas... La question du cannabis en France c’est un peu celle qu’il ne faut pas poser. D’abord plutôt favorable à sa dépénalisation en 2016, Macron retournait sa veste le 19 avril dernier en affichant une tolérance zéro vis-à-vis de la consommation. Quant au CBD (la molécule non psychotrope du cannabis pour ceux du fond de la classe), le flou juridique planant au-dessus de sa tête est en voie d’être dissipé : autorisé mais pas trop. C’est plus clair comme ça non ? 

C’est dur d’être fumeur en 2021. Si on avait senti une brèche de légalisation dans le livre Révolution de Macron, elle a bien été colmatée. En attendant, nombreux se sont rabattus sur les fleurs de CBD qui, elles, sont autorisées par la Cour de justice de l’Union européenne. Depuis trois ans, les commerces ont donc fleuri, mais la loi française restait floue à leur sujet. La France se devait alors évidemment d'interdire ce “cannabis light” au risque de perdre son titre de pays conservateur. Mais au nom de la libre circulation des marchandises de l’Union Européenne, cette interdiction leur a été interdite. Et toc. 

Une commercialisation à demi-mesure 

Esprit de contradiction l’oblige, la réponse est de l’ordre du “Bon alors ok on autorise mais on interdit quand même”. Et on en attendait pas moins. La France autorisera donc la vente de produits à base de CBD comme les huiles, les bonbons ou les E-liquides. Mais la vente des fleurs et des feuilles séchées sera interdite. L’apparence des fleurs de CBD sèmerait la confusion en cas de contrôle policier… À défaut de la fumer, on pourra toujours en mettre quelques gouttes sur la langue ou laver nos compagnons à quatre pattes avec les shampoings The Green Store par exemple.

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Joyeuse quinceañera aux Éditions Lapin !

Lundi 30 novembre 2020

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Censurées en 2019 par le diable Amazon (rien que pour ça, amen !), les Éditions Lapin n'ont pas fini de sortir de leur terrier de la lecture de qualité, insolente, obscène et militante. Et une grosse dose d'humour noir, potache et politique. Voilà l'Évangile selon Lapin, maison d'édition libre et engagée depuis 2006. Comme chez Brain, on est copains avec toutes les bestioles irrévérencieuses du monde de la culture, et qu'on a plus que besoin de librairies indés, on tenait à célébrer les 15 ans de Lapin, comme il se doit. Et puisqu'avoir 15 ans en 2020 doit être aussi amusant qu'un long dimanche de scrolling sur un fond de rediff des Anges, on aurait tort de se priver de toute la drôlerie disponible sur leur site.

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De la littérature illustrée qui cause et rit de tout sans gêne et intelligemment, de la BD insolite et réjouissante, c'est ce qu'on retrouve avec l'ouvrage Les plus gros batârds de la Littérature signé PoPésie et Aurélien Fernandez ; l'occaz de jeter un oeil du côté obscur des "grands de ce monde". Mais aussi, avec la BD L'existence relativement sordide de Martin Grospeiller de Lenaïc Vilain ; des scènes tout à propos qui vous laisseront un arrière-goût de déjà vu, après vous avoir fait pousser quelques "mouhahah" démoniaques. Sans parler des autres perles éditées en quinze années sur le web et sur le papier, comme les mythiques aventures d'Ultimex de Gad. De quoi judicieusement dépenser son budget de Noël, juste iciIMG_1F8A166C90EE-1

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